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Расходы на Вооруженные силы Франции, как ожидается, вырастут в будущем году до €50,5 млрд. Об этом сообщило агентство со ссылкой на проект бюджета республики.
По его данным, "проект бюджета, подготовленный правительством Франции на 2025 год, предусматривает увеличение расходов на оборону на €3,3 млрд. Таким образом, они составят 2% ВВП".
20 janvier 2025
Vœux aux armées depuis le Commandement de l'appui terrestre numérique et cyber de Cesson-Sévigné.
Monsieur le ministre des Armées, mesdames, messieurs les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le chef d'état-major des Armées, monsieur le préfet de région, monsieur le président du Conseil régional, monsieur le président du Conseil départemental, monsieur le maire, madame la maire, monsieur le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, madame la directrice générale, monsieur le délégué général pour l'armement, monsieur le secrétaire général pour l'administration, messieurs les chefs d'état-major d'armée, monsieur le directeur général de la Gendarmerie nationale, Mesdames et Messieurs les officiers généraux, officiers, sous-officiers, officiers mariniers, soldats, marins, aviateurs et personnels civils des forces armées, mesdames et messieurs, en vos grades et qualités,
Je suis très heureux et fier de vous retrouver pour une nouvelle fois à l'occasion de ces vœux. L'année écoulée a été exceptionnelle à plus d'un titre, car les fronts étaient nombreux, et vous avez été là, sur tout notre territoire et en chaque instant.
Là, dans la permanence d'une dissuasion qui poursuivra sa modernisation dans toutes ses composantes ; là, face à la menace terroriste, plus faible pour l'année dernière en France grâce à l'action de tous, mais qui n'a en rien disparu, nous l'avons vu en Allemagne ou aux États-Unis. Vous avez été là face aux catastrophes naturelles, en soutien, encore, il y a quelques semaines à nos concitoyens de Mayotte, déployés aussi en Nouvelle-Calédonie face aux événements, ponts reliant l'Hexagone et les zones de crise. Là aussi, dans l'ensemble de nos Outre-mer, pour assurer notre sécurité, notre souveraineté, lutter contre les trafics, encore ces derniers jours. Là, sur tous les horizons, de l'Est et du Nord de l'Europe, avec nos alliés de l'OTAN et de l'Union européenne, en mer Rouge, avec la mission Aspides que vous portez, au Liban, dont je reviens, au Levant, face au terrorisme, oui, là, de l'Atlantique jusqu'à l'Indopacifique, qui a été un des pivots des dernières années, de Singapour à l'Inde, de l'Indonésie à la Malaisie, du Qatar aux Émirats arabes unis et à l'Arabie saoudite, vous avez multiplié les points d'appui et la confiance à l'égard de nos forces armées a aussi nourri la relation stratégique et le lien avec nos industriels.
Année exceptionnelle parce que la nation a rayonné aussi et montré un visage d'audace, de fierté, de concorde. Vous avez contribué à la réussite de nos Jeux olympiques et paralympiques, à travers vos missions de sécurité, l'excellence de nos missions cyber, nous venons encore de le voir, mais vous avez aussi contribué à leur palmarès, je ne l'oublie pas, et je salue les nombreux champions issus de vos rangs. Vous avez pris votre part dans la réouverture de Notre-Dame de Paris. Et avec vous, enfin, la Nation s'est souvenue du sacrifice de celles et ceux tombés pour libérer la patrie, des plages de Normandie à la Provence, puis à l'Alsace, mémoire vive qui fonde ce que nous sommes.
C
ette année exceptionnelle a aussi porté l'empreinte de nos engagements récents, du sacrifice que la Nation consent pour ses forces et ses hommes. Nous avons considérablement réinvesti dans nos armées. En une décennie, le budget de nos armées aura doublé. Réparation, puis transformation. Nous aurons exécuté nos lois de programmation à l'euro près, fait inédit. Nous avons considérablement renforcé nos capacités, nos ressources, réparé, innové, préparé aussi l'avenir dans tous les domaines. Je n'oublie pas, à cet égard aussi, la transformation de nos services : DRSD, DRM, DGSE, en complémentarité avec ce qui a été fait aussi pour la sécurité intérieure. Nous avons veillé à protéger nos hommes également, je pense au plan famille, au plan blessé, à enclencher également des mesures indiciaires de fidélisation. Car la France sait ce qu'elle doit à ses armées. Elle veille sur ses familles endeuillées, ses blessés, ses invalides, invariablement. Et je veux saluer à ce titre tout particulièrement, mais au-delà, l'engagement du ministre des Armées, cher Sébastien LECORNU. Je sais aussi l'action que vous portez, madame la ministre, chère Patricia MIRALLES, aux côtés du ministre, pour la mémoire et le monde combattant. En quelques années, nous avons réparé le passé et préparé l'avenir. Et je le perçois, le ministre et le CEMA à mes côtés aussi, à chacune de nos rencontres lors de nos visites aux troupes. Et je sais traduire ici un sentiment général, je crois pouvoir le dire, de nos soldats, marins, aviateurs, civils de la défense, mais aussi de nos industriels, de nos agents de l'État, de nos élus.
Quelque chose dans nos armées s'est remis en mouvement. Là où, pendant tant d'années, on s'était habitués à organiser la fermeture des bases, nous avons réinvesti, remis des capacités. C'est parfois dur, d'ailleurs, parce que les gens le croient totalement, parce que l'esprit s'était habitué à cela. Mais soyons clairs et nets, et les chiffres sont là, les faits avec, pour le dire avec force, nous sommes repartis pour investir et pour aller de l'avant. Nous avons réussi notre réarmement dans les faits et dans les têtes. Nous l'avons anticipé par rapport à nombre de nos partenaires en Europe et n'avons pas attendu 2022 pour soudain nous réveiller. Et nos territoires vivent ce profond changement en voyant de premières mains, les investissements, les emplois, l'implantation de nos troupes et de leurs familles, se consolider, parfois revenir, avec eux aussi des réorganisations se faire qui déploie encore davantage sur notre territoire la présence. Alors, je ne suis pas là simplement pour faire un satisfait et quitte, mais il est important de dire tout ce qui a été fait durant ces dernières années, qui est ce travail collectif qui nous rend beaucoup plus forts, et par cette anticipation qui nous permet aussi de regarder l'avenir. Pour autant, est-ce à dire que nous pourrions nous contenter d'en rester là ? Non. Non, car la France est sur la ligne de front des menaces. Et je remercie le CEMA, le général Thierry BURKHARD, qui le sait, le comprend et accompagne les changements essentiels avec courage et constance. Et j'associe les chefs d'État-major d'armée qui portent avec lui ce changement.
En première ligne, car nous sommes présents, et c'est une chance, dans tous les océans, dans toutes les zones de conflit et de rivalité, de tous les dérèglements climatiques aussi, en première ligne dans tous les espaces nouveaux, cyber ou spatial, numériques et sous-marins où les confrontations s'étendent, en première ligne de la brutalisation du monde avec la guerre en Ukraine et les conflits au Proche-Orient, les enjeux migratoires, économiques et financiers liés à toutes les perturbations que les crises entraînent.
Alors face à cela, ce monde en désordre, le fait que l'Europe, à nouveau, est menacée à ses propres frontières, le fait que puissance archipélagique à part nos Outre-mer, nous sommes exposés à beaucoup de théâtres qu'ignorent certains de nos voisins européens. Est-ce à dire que nous sommes désarmés ? Non, pas davantage. Mais dans un monde où les règles s'effacent et où les arsenaux se remplissent, il nous faut aller plus loin et plus vite. En 7 ans, nous avons beaucoup fait, vous composez aujourd'hui l'armée la plus efficace d'Europe. C'est un fait. Mais la ligne de front se rapproche et la menace se transforme. Et si nous refusons de le voir, si nous refusons de voir cette accélération de la menace, si nous renonçons aux efforts nécessaires, alors nous manquerons à notre devoir et à notre vocation. Donner à la France l'armée la plus efficace en Europe, aujourd'hui et demain encore. C'est l'objectif de la France et il doit nous guider collectivement. Oui, parce que l'état du monde l'exige. Les menaces, en effet, s'accumulent : dilution des règles du droit international, désinhibition de la violence ; nous sommes entrés dans un temps de déraison.
Ces changements que je décris ne sont pas théoriques. Ils affectent la vie de chaque Française et de chaque Français. Et nos concitoyens observent les faits. Ces dernières années ont été marquées par la fin de l'encadrement des activités balistiques et nucléaires, par le développement d'une rhétorique agressive jusqu'au choix récent du régime russe d'adopter une doctrine nucléaire plus menaçante. Comment ne pas être lucide face à ces transgressions ? Comment ne pas comprendre que pour nos compatriotes, c'est une menace réelle, tangible, concrète ? Comment nos compatriotes pourraient-ils éprouver confiance et sérénité quand la carte du monde ainsi se recompose, quand des puissances, rivales ou adversaires, investissent dans leur défense plusieurs fois les montants que nous consacrons à la nôtre ? Quand la technologie est mise au service de la destruction et de la mort, avec la prolifération de drones, la sélection de cibles par algorithme, et demain, un ennemi à visage artificiel ? Comment espérer la paix et la liberté pour nos enfants quand chaque jour les certitudes s'effacent et la force fait loi. Et au fond, ce qui caractérise le moment que nous vivons, c'est le fait que, de manière inédite, nous avons une accélération technologique extrême aux deux bornes, accélération des innovations technologiques maîtrisées par beaucoup, prolifération aussi sur certaines de ces technologies, dont l'accès à l'arme nucléaire, la proximité à celle-ci pour certains, innovation y compris dans la plus grande rusticité chez d'autres, le théâtre ukrainien en est la démonstration.
Et dans le même temps, destruction depuis 7-8 ans du cadre international qui nous protégeait. Fin du traité FNI, acté par les Américains, les Russes ne respectant plus depuis plusieurs années.
En 2019, fin de tous les dialogues de lutte contre la prolifération nucléaire, etc.
Et le croisement de ces deux tendances nous placent dans un monde d'accélération de la menace et d'extrême dangerosité pour nous.
C'est ce qui fait que si aujourd'hui, nous sommes l'armée la plus efficace d'Europe, oui, il nous faut continuer le réveil avec nos partenaires, mais accroître encore plus nos efforts, car la transformation que je suis en train de décrire a, et aura, des conséquences profondes. Aussi, pour disposer de l'armée la plus efficace du continent, il nous faut opérer un vrai choc de souveraineté et de compétitivité européen. Nous avons commencé à changer de paradigme avec beaucoup de lucidité, et le travail que la France, ces dernières années, a conduit en Europe n'est pas rien à cet égard. Je le rappelle à chaque fois, mais beaucoup nous disaient : « vous avez vos idées françaises, elles sont bien sympathiques ». Mais personne ne pensait qu'on irait vers un Fonds européen de la défense, que nous irions parler d'autonomie stratégique ou de souveraineté européenne en parlant de défense, il y a de ça à peine 6 ans. C'est aujourd'hui le langage commun de tous.
Mais nous devons changer d'échelle dans nos montants consacrés à la défense et dans l'approche. En effet, l'Europe ne peut espérer assurer sa paix et sa sécurité en continuant de dépenser moins que les autres continents ou espaces politiques. Et à cet égard, même si beaucoup ont rattrapé ces dernières années, l'accélération que nous constatons en Chine, aux États-Unis, en Russie, et même chez des puissances intermédiaires qui sont en train aussi d'aller à l'escalade, fait que les Européens ne peuvent rester avec des normes ou des référentiels qui ont été pensés parfois, il y a 10 ou 15 ans. Nous avons devant nous un mur d'investissement. Alors oui, nous avons commencé, en particulier avec ce Fonds européen pour la défense, que d'aucun jugeait impossible, nous l'avons fait. Désormais, plusieurs milliards d'euros sont dédiés à la recherche aux équipements de défense pour l'Europe. Nous ne sommes pas seuls non plus dans cette aventure. En Allemagne, le réveil dès 2022 s'est constaté avec, là aussi, un fonds exceptionnel, et ceci devra être poursuivi. En Pologne, en Grèce, en Suède, en Norvège, dans de nombreux pays européens, on a vu un sursaut, là aussi, de l'investissement important.
Un mouvement de réarmement, que je veux ici saluer, est amorcé pour mieux protéger, et évidemment, le prochain cadre financier pluriannuel devra aussi porter ses ambitions à l'échelle de l'Union européenne. L'Europe de la défense évolue donc en termes réels, mais elle doit continuer de changer d'échelle et résolument accélérer. Changer d'échelle, cela suppose d'investir plus, mais aussi de transformer profondément nos méthodes. En Europe, nos acquisitions et industries sont trop morcelées. Là où les États-Unis d'Amérique ont 8 principaux types de plateformes terrestres, l'Union européenne en rassemble 62. Dans le domaine naval, le rapport est de 6 aux États-Unis pour 47 en Europe. Il faut donc aller vers plus de programmes communs, accepter de choisir le champion européen plutôt que dans l'entretien d'industries nombreuses et moins performantes. C'est un chemin stratégique qu'il nous faut emprunter sans naïveté. Je sais combien nos industriels, à raison, sont attachés à la simplification. La simplification consiste à choisir les meilleurs en Europe et à tout y investir, et à sortir de la logique que nous avons toujours eue jusqu'à présent, qui était, au fond, de financer tout le monde de la même manière. Et donc l'Europe, c'était la poursuite de notre fragmentation. On ne peut pas moins investir que les États-Unis d'Amérique et avoir 6 ou 7 fois plus de standards qu’eux, et continuer à essayer de réussir dans cette compétition. On doit investir plus, mais on doit aussi simplifier, intégrer, accepter d'avoir des champions européens. Soyons clairs, nous ne serons pas toujours les champions européens, mais au moins serons-nous sûrs que les champions européens auront une vocation mondiale. Le risque, c'est une marginalisation de tous les Européens dans cette compétition, dans beaucoup de segments. Et donc, ce chemin stratégique, nous devons l'emprunter sans naïveté. Et les programmes communs d'avions de combat, de chars, de défenses solaires ou de missiles sont à cet égard clés, comme les réussites que nous avons su avoir ces dernières années, du Rafale à l’A400M et qui doivent pouvoir nous guider dans ce chemin.
Il faut aussi des structures d'acquisition performantes. La DGA est enviée et peut inspirer en Europe. Ce modèle précieux doit cependant être modernisé et je sais tout le travail qui a été fait ces dernières années. L'approche de nos propres acquisitions doit évoluer pour favoriser l'innovation, l'adaptation réactive là où cela est nécessaire, l'acquisition de drones pour l'armée de Terre ne peut suivre le process défini pour construire un avion de combat. C'est évident. Et c'est ce que vous avez su bousculer ces dernières années.
Une révolution dans les affaires capacitaires est en somme, là aussi, nécessaire. Être efficace, c'est tout le sens du chantier d'économie de guerre que nous avons initié il y a deux ans. Et je veux ici saluer tout le travail, l'engagement du ministre, de l'ensemble de nos armées et votre engagement, tous les personnels aussi civils et puis nos industriels. Je sais toutes les transformations et tout ce que nous avons su durant ces un peu plus de deux ans bousculer et améliorer.
Nous avons ainsi pu revoir des modus operandi industriels, réintroduire des activités en France. Nous avons progressé dans de nombreux domaines. Plusieurs ont montré l'exemple, mais nous devons encore faire mieux. Entamer une deuxième étape de transformation plus structurelle, indispensable pour gagner encore en efficacité. Et au fond, la guerre en Ukraine a été un déclencheur, mais il nous faut maintenant rentrer dans nos habitudes, ce dialogue constant, ce changement des processus, cette accélération de nos méthodes face à la compétition internationale. Changer d'échelle, cela suppose de rénover aussi notre logique et nos instruments. Nous ne pouvons pas nous endetter collectivement, dépenser davantage pour notre défense, pour subventionner les industries d'armement, la richesse et les emplois d'autres continents. Je le dis ici avec beaucoup de force, car quand on dit dépenser plus pour nos armées, dans beaucoup de pays, peut-être chez beaucoup de commentateurs européens, ça veut encore trop souvent dire acheter plus de matériel américain. Alors, c’est vrai, certains, ces dernières années, ont parfois aussi acheté du matériel sud-coréen et ont cherché à diversifier.
Mais nous, ce n'est pas comme ça que nous l'entendons. Non, si nous voulons être cohérents, et si la nation est prête à faire ce choix, qui, dans les temps que nous vivons, est un choix grave, profond, coûteux, en opportunité par rapport à d'autres choix que nous pourrions faire, c'est bien pour nous protéger, c'est bien pour nous équiper et c'est aussi pour créer de la valeur dans notre pays. Et la logique industrielle est à cet égard inséparable de la véritable souveraineté. Oui, la France défend et continuera de défendre une préférence européenne. Préférence européenne pour avoir un vrai rendement sur nos efforts budgétaires, pour créer des emplois à Rennes, comme dans tout le territoire et sur tout le continent européen.
Préférence européenne pour demeurer maître de notre destin, nous délivrer de nos dépendances, échapper au sort insensé qui nous voit nous contenter d'être de simples clients d'autres puissances quand il s'agit de nous défendre.
Préférence européenne parce que nous avons aussi chez nous des réussites exceptionnelles. Regardez les succès à l'export, comme le RAFALE, mais aussi nos sous-marins. Regardez la performance de nos matériels au combat en Ukraine avec le CAESAR, le SAMP/T. Nous avons construit des succès, des succès qui sont reconnus sur nos théâtres d'opérations actuels.
Nous sommes en train de bâtir les futures générations, si je reviens aux dernières cités, qui sont clairement compétitives, nous avons des succès à l'export et donc il n'y a aucune fatalité. Construisons sur ces succès et cette excellence. Ne laissons pas cet effort de dépense européenne être entravé par des habitudes, parfois des fausses certitudes, par la bureaucratie, les règlements, les procédures.
Et donc, assumons la préférence européenne, elle est indispensable pour notre souveraineté. Et elle est indispensable, car le jour où certains auront construit leur dépendance capacitaire, excessive, même à l'égard de formidables alliés d'aujourd'hui, que sont les États-Unis d'Amérique, qui nous dit que dans 10 ans, dans 15 ans, leur priorité ne sera pas plutôt chinoise ou indopacifique, et si nous, notre priorité sécuritaire continue à être notre borne ? Où se feront les choix ? Comment se feront les choix ? J'ai une réponse simple. C'est le fournisseur qui fera les choix pour nous. Et donc notre vocation n'est pas d'être des clients, mais d'être des nations souveraines en Europe.
La préférence européenne doit aller avec ce choc de compétitivité que j'évoquais, qui consiste à ne pas réguler avant d'innover. Et là aussi, dans beaucoup de domaines, il nous faut savoir bâtir une capacité à être à la frontière technologique, qu'il s'agisse de l'espace, du cyber, du quantique, de l'intelligence artificielle. Et là, nos armées sont exposées aux mêmes risques que nos industries dans le civil, c'est que notre continent européen, aujourd'hui, diverge par une régulation excessive et parfois une capacité à réguler avant d'innover. Ce que nous avons par trop fait sur l'intelligence artificielle, y compris ces dernières années, j'avais eu l'occasion d'alerter. Et donc, là aussi, soyons compétitifs et cohérents. C'est la capacité d'autonomie stratégique qui est posée et qui se joue maintenant et pour les prochaines générations.
Sur l'espace en particulier, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre la course. Et là aussi, j'évoquais l'intelligence artificielle, mais sur le spatial, c'est la capacité d'un accès souverain des Européens à l'espace qui se joue dans les toutes prochaines années. Rien de moins que cela pour le civil comme pour le militaire. En somme, sur tous ces volets, il nous faut investir, simplifier, protéger et avoir une préférence européenne. C'est le seul moyen d'un réveil européen réel. J'entends que certains voudraient nous rendre plus grands, qu'ils se rassurent, nous nous en occuperons seuls, mais oui, en avant les Européens, pour reprendre plutôt l'interpellation de Churchill le 19 septembre 1946, c'est de cela dont il s'agit. À nous d'aller de l'avant, à nous de nous réveiller, d'agir en européen, d'en tirer toutes les conséquences et de ne laisser personne, quels que soient les modes actuels, nous dicter l'avenir qui devrait être le nôtre. À nous de ne céder à aucune solution de facilité, elles n'existent pas. Il n'y a que par l'investissement, le travail de chaque jour, la capacité à nous appuyer sur nos forces et à réparer nos faiblesses que se bâtit l'avenir. Ça tombe bien. C'est ainsi que la France a fait, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, qu'elle a pu constituer l'armée qui est la sienne, que ses choix, d'ailleurs, nous ont permis de continuer à pouvoir être maître de notre destin, y compris ces dernières années. Et donc, notre responsabilité, c'est de continuer de voir loin. Nous en avons la force, et je l'ai encore vu aujourd'hui à Rennes, ce génie d'innovation dans les domaines d'avenir. Et partout, vous trouvez des solutions, vous formez, vous préparez des talents indispensables. C'est une énergie qui se mobilise, et nous venons à l'instant de le voir sur l'intelligence artificielle avec l'Agence ministérielle pour l'Intelligence Artificielle de Défense, l'AMIAD. Et j'attends que vous soyez les meilleurs en IA, dans le cyber, dans le quantique, dans l'espace. C'est à notre main. Cette armée de références portera à l'OTAN une voie européenne. J'entends en la matière des débats parfois abscons qui nous taraudent sur l'OTAN et l'Europe.
Là aussi, nous avons beaucoup progressé ces dernières années. Rappelez-vous, il y a 6 ans, il était impossible de parler d'Europe à l'OTAN. Nous nous diluions à l'époque dans l'Alliance. Je crois à l'inverse dans un pragmatisme absolu. Là aussi, l'en même temps est possible. L'en même temps, c'est de la constance, ce n'est pas de l'ambiguïté. L'OTAN est un cadre de solidarité extraordinaire. C'est la matrice d'une interopérabilité qui vous permet d'agir en coalition sur tous les fronts. Cette richesse est essentielle. Elle repose sur l'engagement de tous ses membres, du continent américain à l'Europe. Dans le temps, le renforcement du pilier européen doit être notre horizon et il faut y œuvrer, comme nous le faisons depuis 7 ans et comme je propose de le faire pour les années à venir. Cela passe à la fois par le développement de la défense européenne, par la coopération aussi entre l'Union européenne et l'OTAN.
Soyons pragmatiques. La mobilité militaire en Europe l'illustre. Cela vient de m'être présenté à nouveau à l'instant. Les solutions sont européennes pour des défis qui engagent l'efficacité de l'OTAN. Et de manière très claire, si nous voulons que notre Alliance soit efficace, aux Européens d'être progressivement de plus en plus engagés dans leur sécurité. C'est logique. Et cela correspond à la demande qui nous est faite par nos alliés américains. Et au fond, il y a deux manières de répondre à cette demande.
D'abord, ne nous laissons pas dicter nos choix. Si nous investissons, décidons de le faire. Ne le faisons pas comme la réponse à des leçons qui nous seraient données par-delà l'océan.
Ensuite, si nous voulons dépenser plus, faisons-le par des opérations, faisons-le par de véritables opérations et déploiements militaires, plutôt qu'une fois encore en achetant sur étagère ce qui est donné par d'autres. La défense européenne, c'est notre garantie de savoir agir si nos intérêts sont en jeu. Elle renforce l'OTAN et nous avons besoin. Et je le dis ici parce que la France croit en la force de l'OTAN. Elle l'a fondée et elle y a contribué, elle l’a transformé ces dernières années, parce qu'il existe une culture stratégique de l'Alliance atlantique, parce qu'elle est l'espace de coopération naturelle avec les États-Unis, tant qu'ils restent engagés dans la sécurité européenne, parce que l'Alliance peut agir sur des espaces décisifs pour nous. Je pense à l'Arctique ou à la Baltique, à son échelle aussi, avec son organisation militaire et sa capacité à anticiper, préparer, agir. Une fois cela dit, soyons lucides, et là aussi, ne nous payons pas de mots. Ce n'est pas être un mauvais allié qu'être un allié critique et exigeant. Les changements politiques et stratégiques profonds qui parcourent le monde peuvent légitimement susciter chez nos partenaires européens des inquiétudes sur l'Alliance. Notre allié américain affirme que l'on doit dépenser plus, il a raison, et la France a pris ses responsabilités. Elle n'a pas attendu, comme je le rappelais, pour réengager ce réinvestissement dans sa défense. Mais cet effort nous permet de consolider notre souveraineté nationale. Il renforce l'Europe et il nous donne une capacité à choisir nos priorités. C'est cet effort que j'évoque, celui que nous portons depuis plusieurs années et que nous allons poursuivre, c'est aussi celui d'une puissance dotée, pleinement souveraine, consciente du rôle particulier que cela lui donne dans la défense de notre continent.
La France va à cet égard au-delà des 2 % du PIB pour sa défense. Est-ce pour autant suffisant pour un monde qui sort de ses gonds ? Est-ce suffisant pour atteindre la masse, la profondeur, la rusticité et l'innovation ? Pour le cas échéant, nous défendre dans une confrontation majeure. Est-ce suffisant pour nous organiser à l'échelle européenne et disposer de moyens de combat en quantité significative ? Demain, que ferons-nous en Europe si notre allié américain retire ses navires de guerre de la Méditerranée, s'il bascule ses avions de chasse de l'Atlantique vers le Pacifique ? Ce sont tous ces scénarios auxquels nous devons nous préparer. Ce sont tous ces scénarios auxquels nous sommes en train de nous préparer. Et je n'ai pas évoqué là beaucoup d'autres choses qui pourraient advenir. Face à tous ces scénarios, c'est simple, la réponse devra venir de nous, Français et Européens. Faisons donc de cette nécessité d'autonomie une opportunité, celle d'un réveil stratégique européen.
Ces dernières années ont suffi à démontrer à ceux qui pensaient que ces scénarios avaient quelque chose d'illusoire, de politique-fiction, qu'ils adviennent plus rapidement qu'on ne le pense, plus rapidement qu'ils ne croient. Pour notre sécurité, qui repose sur des qualités de force, d'agilité, de flexibilité, qui impose une capacité à agréger, à tirer profit de l'interopérabilité construite avec l'OTAN, à disposer de moyens de commandement, un cadre qui permette à ceux qui veulent agir pour la sécurité de notre continent, du Royaume-Uni à la Moldavie, des Balkans à la Norvège, de pouvoir le faire. C'est ce à quoi nous devons nous préparer.
Oui, au sein de l'OTAN, de pouvoir nous préparer aux scénarios du pire, à certains scénarios qui sont crédibles, et au fond, d'être une nation cadre qui pourra agréger ses capacités, bénéficier de l'interopérabilité, mais qui aura construit sa part d'autonomie, qui aura attiré avec elle les autres Européens à le faire et qui pourra assurer sa défense à ses frontières ou face à l'adversité qui peut survenir. C'est là, encore une fois, où être une puissance dotée nous donne un rôle singulier.
Soyons donc forts, réduisons nos dépendances dans les secteurs stratégiques en investissant dans notre base industrielle, dans nos emplois, dans nos régions, et soyons capables d'entraîner, d'agréger, de coordonner les autres nations. Alors ainsi, nous pourrons agir avec nos alliés et nos amis européens. Alors ainsi, avec les Américains, nous serons forts et unis dans l'alliance face aux menaces sur le continent. Voilà quel doit être l'alignement de bon sens.
Pour devenir l'armée la plus efficace d'Europe, il nous faut, au-delà de cette clarification sur l'OTAN, accepter de vraies bascules stratégiques.
Notre obsession depuis 7 ans, c'est d'adapter sans cesse nos moyens aux menaces, ajuster notre arsenal à l'état du monde et nous préparer à la guerre de demain et d'après-demain. Rien ne sert de regretter le passé, il faut préparer l'avenir.
En Afrique, nous avons opéré un changement structurel de notre présence, changement qui n’ôte rien aux sacrifices consentis hier par vos frères d'armes au Sahel pour nos intérêts, notre sécurité et nos valeurs, lorsque nous sommes intervenus à leur demande dans les pays menacés.
Mais changement nécessaire de réinvention de nos partenariats dans une Afrique dynamique dont la jeunesse porte beaucoup d'espoir.
Cela passe en effet par un partenariat de sécurité repensé qui est en cours de déploiement, plus de formations dans nos écoles, plus d'exercices et de coopérations ponctuelles, des coopérations capacitaires qui sont, là aussi, une vraie transformation de notre approche à l'égard de l'Afrique, et je compte sur vous pour l'accompagner, et une empreinte plus légère. Il nous faut prolonger notre présence, notre partenariat stratégique, mais différemment. Prolonger artificiellement une empreinte partout où elle n'était plus souhaitée par ses hôtes, par ses bénéficiaires, aurait été une mauvaise politique. Ce changement est, je le crois, parfaitement compréhensible par nos compatriotes. Ils comprennent aisément que dans la réorganisation de nos efforts, votre présence soit plus nécessaire parfois sur des théâtres, qu'ils soient anciens ou nouveaux, où se joue notre avenir : sur notre territoire métropolitain, dans nos Outre-mer ou dans d'autres géographies. À Mayotte, le voisinage de la corne de l'Afrique, les risques climatiques, terroristes, migratoires imposent de nouvelles réponses.
Et je sais combien FAZSOI y répondent aussi en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie, à La Réunion, en effet, se joue notre présence dans l'Indopacifique, sur les rives duquel s'affrontent les grandes puissances. Et nous avons eu raison de faire ce pivot ces dernières années, et nos Outre-mer sont au cœur de ce pivot Indopacifique, et nous donnent une crédibilité stratégique, la marque de notre constance dans cette région, et permet de relayer notre offre industrielle. En Guyane et aux Antilles, nous sommes plus exposés aux dérèglements du monde, aux narcotrafics, aux catastrophes climatiques, aux migrations, et les résultats des derniers jours de notre marine ou de notre gendarmerie l'ont encore montré. Oui, dans nos Outre-mer, il faut protéger davantage nos compatriotes et être en défense des opportunités de tel territoire. C'est l'un des axes majeurs de la LPM en cours.
La ligne de notre sécurité passe évidemment aussi par nos frontières en Europe et par l'Ukraine. Je le dis ici sans tergiverser. Soyons fiers de l'effort que la nation a consenti pour l'Ukraine. L'Ukraine, aujourd'hui, est la sentinelle de l'Europe. Je sais votre engagement, votre effort et votre action, notamment dans la formation. Et cet engagement de votre part est essentiel. Comme nous avons eu raison, en février de l'année dernière, d'organiser ce sursaut européen, de recréer de l'ambiguïté stratégique et de remobiliser nos partenaires dans un moment qui était si risqué. Mais cet engagement de votre part suppose la franchise la plus complète. Et je le dis ici avec force : ne nous leurrons pas. Ce conflit ne se terminera pas demain ni après-demain et ce conflit ne sera pas la fin du sujet de sécurité que la Russie pose aux Européens plus largement. Et du Caucase à nos amis baltes, ce risque demeurera. L'enjeu aujourd'hui est de donner les moyens à l'Ukraine de durer et d'entrer dans toutes futures négociations en position de force. L'enjeu demain, quand les hostilités s'arrêteront, sera de donner à l'Ukraine des garanties contre tout retour de la guerre sur son territoire et des assurances pour notre propre sécurité. À cela, l'Europe doit prendre toute sa part, comme nos armées le font déjà sur le flanc Est dans le cadre de l'Alliance. L'Europe devra prendre toute sa part, car ses parts, ses garanties de sécurité et au-delà l'architecture de sécurité que nous bâtirons, que là aussi, nous défendrons souveraineté et sécurité. Et c'est ce qui nous permet aujourd'hui de dire qu'il ne peut pas y avoir de paix et de sécurité en Europe sans les Européens et sans qu'elles ne soient négociées par les Européens. Oui, la ligne de front s'est rapprochée.
Voilà pourquoi nous devons d'abord reconfigurer notre présence dans le monde, y compris dans ces espaces où la fonte des glaces crée de nouvelles situations géopolitiques. Qui aurait pensé il y a encore un an que le Groenland serait au centre des débats politiques et stratégiques. C'est ainsi. Voilà pourquoi ensuite nous devons revenir à l'essentiel et accepter des bascules face à l'accumulation des menaces, à l'évolution des risques et de nos intérêts. Nous devons le voir et nous adapter, se mettre en cohérence.
Alors face à cette accélération du monde, aux défis que je viens d'évoquer, notre défense est-elle au maximum de ses capacités, est-elle parée au risque du monde comme il va, des périls de l'époque telles qu'elle est ? C'est à nous de le trancher.
Les Français m'ont confié la responsabilité de leur protection. C'est la raison pour laquelle je demande que l'on me propose les actions nécessaires pour que notre défense s'adapte à ce nouvel environnement. Je demande donc au SGDSN de me proposer, d'ici le mois de mai, une actualisation de la Revue nationale stratégique qui définisse les contours de notre défense globale et du réarmement, y compris moral. Je demande en particulier au ministre des Armées, dans ce cadre, de mobiliser la réflexion sur la défense, sa BITD, l'impact des nouvelles technologies, pour nourrir ce travail d'actualisation. Je saurai sur cette base prendre les décisions nécessaires. J'attends de vous des idées, de l'allant, de l'invention. Au fond, cette forme d'audace et de courage venue du peuple, cette force qui, lorsqu'elle se trouve employée à la défense de la nation, fait de notre peuple un grand peuple.
Enfin, ces bascules stratégiques se jouent aussi chez nous. Vous le savez, notre défense n'existe pas sans une véritable force morale et une cohésion nationale. Je l'évoquais à Brienne, il y a de ça bientôt deux ans. Notre force morale, oui, cette capacité de tout un pays à se tenir prêt, à accompagner par l'effort réel et la pensée solidaire nos armées sur le front. Ce ciment qui nous tient et nous fait, comme Français, soldats d'un certain idéal. Disposer de l'armée la plus efficace d'Europe est une chance pour la nation toute entière. Et votre place au cœur de notre défense fait de vous un ferment d'unité de notre pays. Depuis 7 ans, je porte l'idée de faire nation avec notre jeunesse pour inculquer l'esprit de cohésion, résilience face aux risques, apprentissage de nos valeurs.
Alors, face à l'accélération des périls, je crois aujourd'hui que nous devons, avec réalisme, proposer à notre jeunesse un engagement fort. Nous le voyons au moment des grandes catastrophes, il existe une formidable énergie prête à donner son temps, ses talents. Nous le voyons aussi de cette énergie, nous savons faire si peu. De cet élan citoyen, trop souvent, nous le dispersons. À ceux qui ont soif d'idéal, nous n'avons pas toujours de réponse d'engagement suffisamment exigeante ou structurée.
Aujourd'hui, nous nous contentons d'un recensement, d'une Journée défense et citoyenneté, et je sais que vous en faites tous le constat, c'est trop peu. D'où l'ambition du SNU. J'ai pu rencontrer les premiers jeunes qui ont fait l'expérience du Service national universel, mesurer leur satisfaction, leur plaisir à se retrouver plusieurs mois après pour poursuivre un engagement commun au service de notre nation, entendre leurs témoignages chaleureux, porteurs d'espoir et de confiance. C'est pour moi une source de confiance dans notre jeunesse.
Il faut aujourd'hui tracer un chemin que beaucoup espèrent, donner le choix de servir. Non pas rétablir le Service national obligatoire, mais permettre à une jeunesse volontaire d'apprendre avec les armées et d'en renforcer les rangs grâce à des talents recherchés, de vivre aussi dans un environnement où les différences s'effacent pour remplir une mission qui donne du sens, celui du service, de l'entraide, du respect, de faire nation. Donner le choix de servir. Pour cela, nous devrons mieux détecter les volontaires, leurs compétences, leurs progressions professionnelles, les former et être capables de les mobiliser le jour venu, de les employer en renfort des armées, en métropole ou ailleurs, ou potentiellement d'autres ministères qui pourraient être appelés.
Après l'armée de métiers, c'est la réserve de professionnels qu'il nous faut à présent mobiliser en appui, en appoint. La loi de programmation militaire prévoit d'atteindre un réserviste pour deux militaires d'actifs en 2035, soit 100 000 personnes. Pour constituer cette réserve, la Journée de défense et de citoyenneté sera rénovée et redeviendra demain un moment de temps retrouvé avec les armées. Ce sont ainsi chaque année 800 000 jeunes. Parmi eux, certains se signaleront et diront qu'ils répondront présents si la nation les appelle.
Donner le choix de servir. Que chacun, dans notre jeunesse, se demande comment être utile à la nation et la nation saura lui confier une mission adaptée à ses talents, ses connaissances, son état de santé. Que chacun puisse s'engager volontairement et soit prêt à servir en cas de crise, au sein des unités dont il fait partie comme réserviste. Que tous, nous retrouvions ainsi un esprit de fraternité et d'action, celui qui vous anime chaque jour et sur lequel nous devons prendre exemple. C'est pourquoi je souhaite que des propositions me soient faites avant le mois de mai pour réaliser ce nouvel élan, que notre jeunesse devienne à son tour gardienne de la noblesse du monde, qu'elle soit cette force, ce supplément d'âme.
Monsieur le ministre, mon général, je compte sur vous pour porter cet acte fort pour la nation et me faire ses propositions pour le mois de mai prochain.
Mesdames et messieurs, dans cette époque de montée des périls, nous devons être au rendez-vous. Ne cédons rien aux certitudes réconfortantes, pas plus que nous ne devons céder au fatalisme décourageant. Tenons-nous prêts. Pour conserver l'essentiel, nos intérêts et nos valeurs, soyons toujours prêts à tout remettre en cause, nos méthodes, nos dispositifs, notre présence dans le monde.
L'essentiel, ce qui nous fait et nous fonde, c'est vous. Votre engagement, votre sacrifice, celui de vos frères tués, blessés, invalides. L'essentiel, c'est cet éternel français fait de mémoire et d'espérance. Ce sont les visages que je vois, venus de tous les milieux, de toutes les régions, de tous les horizons de France.
Oui, la France est bien cette nation dont l'avenir est dans tant de mains. Ainsi, nous tiendrons notre rôle en première ligne. Nous protégerons les Français et les intérêts de la nation. Je forme donc devant vous, en ce mois de janvier, des vœux de reconnaissance pour votre engagement, pour les efforts demandés, à vous-mêmes, à vos proches, reconnaissance aussi pour le sacrifice des tués, des blessés, des invalides.
Je forme des vœux de confiance. Nous avons l'excellence, les talents, la détermination et la force d'âme.
Je forme des vœux d'espérance. Nous saurons être à la hauteur de notre histoire, en première ligne face aux menaces.
V
ive la République, vive la France !
| Vœux aux armées depuis le Commandement de l'appui terrestre numérique et cyber de Cesson- Sévigné. Monsieur le ministre des Armées, mesdames, messieurs les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, monsieur le chef d'état-major des Armées, monsieur le préfet de région, monsieur le president du Conseil régional, monsieur le président du Conseil départemental, monsieur le maire, madame la maire, monsieur le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, madame la directrice générale, monsieur le délégué général pour l'armement, monsieur le secrétaire général pour l'administration, messieurs les chefs d'état-major d'armée, monsieur le directeur général de la Gendarmerie nationale, Mesdames et Messieurs les officiers généraux, officiers, sous-officiers, officiers mariniers, soldats, marins, aviateurs et personnels civils des forces armées, mesdames et messieurs, en vos grades et qualités, Je suis très heureux et fier de vous retrouver pour une nouvelle fois à l'occasion de ces vœux. L'année écoulée a été exceptionnelle à plus d'un titre, car les fronts étaient nombreux, et vous avez été là, sur tout notre territoire et en chaque instant. Là, dans la permanence d'une dissuasion qui poursuivra sa modernisation dans toutes ses composantes ; là, face à la menace terroriste, plus faible pour l'année dernière en France grâce à l'action de tous, mais qui n'a en rien disparu, nous l'avons vu en Allemagne ou aux États-Unis. Vous avez été là face aux catastrophes naturelles, en soutien, encore, il y a quelques semaines à nos concitoyens de Mayotte, déployés aussi en Nouvelle-Calédonie face aux événements, ponts reliant l'Hexagone et les zones de crise. Là aussi, dans l'ensemble de nos Outre-mer, pour assurer notre sécurité, notre souveraineté, lutter contre les trafics, encore ces derniers jours. Là, sur tous les horizons, de l'Est et du Nord de l'Europe, avec nos allies de l'OTAN et de l'Union européenne, en mer Rouge, avec la mission Aspides que vous portez, au Liban, dont je reviens, au Levant, face au terrorisme, oui, là, de l'Atlantique jusqu'à l'Indopacifique, qui a été un des pivots des dernières années, de Singapour à l'Inde, de l'Indonésie à la Malaisie, du Qatar aux Émirats arabes unis et à l'Arabie saoudite, vous avez multiplié les points d'appui et la confiance à l'égard de nos forces armées a aussi nourri la relation stratégique et le lien avec nos industriels. Année exceptionnelle parce que la nation a rayonné aussi et montré un visage d'audace, de fierté, de concorde. Vous avez contribué à la réussite de nos Jeux olympiques et paralympiques, à travers vos missions de sécurité, l'excellence de nos missions cyber, nous venons encore de le voir, mais vous avez aussi contribué à leur palmarès, je ne l'oublie pas, et je salue les nombreux champions issus de vos rangs. Vous avez pris votre part dans la réouverture de Notre-Dame de Paris. Et avec vous, enfin, la Nation s'est souvenue du sacrifice de celles et ceux tombés pour libérer la patrie, des plages de Normandie à la Provence, puis à l'Alsace, mémoire vive qui fonde ce que nous sommes. Cette année exceptionnelle a aussi porté l'empreinte de nos engagements récents, du sacrifice que la Nation consent pour ses forces et ses hommes. Nous avons considérablement réinvesti dans nos armées. En une décennie, le budget de nos armées aura doublé. Réparation, puis transformation. Nous aurons execute nos lois de programmation à l'euro près, fait inédit. Nous avons considérablement renforcé nos capacités, nos ressources, réparé, innové, préparé aussi l'avenir dans tous les domaines. Je n'oublie pas, à cet égard aussi, la transformation de nos services : DRSD, DRM, DGSE, en complémentarité avec ce qui a été fait aussi pour la sécurité intérieure. Nous avons veillé à protéger nos hommes également, je pense au plan famille, au plan blessé, à enclencher également des mesures indiciaires de fidélisation. Car la France sait ce qu'elle doit à ses armées. Elle veille sur ses familles endeuillées, ses blessés, ses invalides, invariablement. Et je veux saluer à ce titre tout particulièrement, mais au-delà, l'engagement du ministre des Armées, cher Sébastien LECORNU. Je sais aussi l'action que vous portez, madame la ministre, chère Patricia MIRALLES, aux côtés du ministre, pour la mémoire et le monde combattant. En quelques années, nous avons réparé le passé et préparé l'avenir. Et je le perçois, le ministre et le CEMA à mes côtés aussi, à chacune de nos rencontres lors de nos visites aux troupes. Et je sais traduire ici un sentiment général, je crois pouvoir le dire, de nos soldats, marins, aviateurs, civils de la défense, mais aussi de nos industriels, de nos agents de l'État, de nos élus. Quelque chose dans nos armées s'est remis en mouvement. Là où, pendant tant d'années, on s'était habitués à organiser la fermeture des bases, nous avons réinvesti, remis des capacités. C'est parfois dur, d'ailleurs, parce que les gens le croient totalement, parce que l'esprit s'était habitué à cela. Mais soyons clairs et nets, et les chiffres sont là, les faits avec, pour le dire avec force, nous sommes repartis pour investir et pour aller de l'avant. Nous avons réussi notre réarmement dans les faits et dans les têtes. Nous l'avons anticipé par rapport à nombre de nos partenaires en Europe et n'avons pas attendu 2022 pour soudain nous réveiller. Et nos territoires vivent ce profond changement en voyant de premières mains, les investissements, les emplois, l'implantation de nos troupes et de leurs familles, se consolider, parfois revenir, avec eux aussi des réorganisations se faire qui déploie encore advantage sur notre territoire la présence. Alors, je ne suis pas là simplement pour faire un satisfait et quitte, mais il est important de dire tout ce qui a été fait durant ces dernières années, qui est ce travail collectif qui nous rend beaucoup plus forts, et par cette anticipation qui nous permet aussi de regarder l'avenir. Pour autant, est-ce à dire que nous pourrions nous contenter d'en rester là ? Non. Non, car la France est sur la ligne de front des menaces. Et je remercie le CEMA, le général Thierry BURKHARD, qui le sait, le comprend et accompagne les changements essentiels avec courage et constance. Et j'associe les chefs d'État-major d'armée qui portent avec lui ce changement. En première ligne, car nous sommes présents, et c'est une chance, dans tous les océans, dans toutes les zones de conflit et de rivalité, de tous les dérèglements climatiques aussi, en première ligne dans tous les espaces nouveaux, cyber ou spatial, numériques et sous-marins où les confrontations s'étendent, en première ligne de la brutalisation du monde avec la guerre en Ukraine et les conflits au Proche-Orient, les enjeux migratoires, économiques et financiers liés à toutes les perturbations que les crises entraînent. Alors face à cela, ce monde en désordre, le fait que l'Europe, à nouveau, est menacée à ses propres frontières, le fait que puissance archipélagique à part nos Outre-mer, nous sommes exposés à beaucoup de théâtres qu'ignorent certains de nos voisins européens. Est-ce à dire que nous sommes désarmés ? Non, pas davantage. Mais dans un monde où les règles s'effacent et où les arsenaux se remplissent, il nous faut aller plus loin et plus vite. En 7 ans, nous avons beaucoup fait, vous composez aujourd'hui l'armée la plus efficace d'Europe. C'est un fait. Mais la ligne de front se rapproche et la menace se transforme. Et si nous refusons de le voir, si nous refusons de voir cette acceleration de la menace, si nous renonçons aux efforts nécessaires, alors nous manquerons à notre devoir et à notre vocation. Donner à la France l'armée la plus efficace en Europe, aujourd'hui et demain encore. C'est l'objectif de la France et il doit nous guider collectivement. Oui, parce que l'état du monde l'exige. Les menaces, en effet, s'accumulent : dilution des règles du droit international, désinhibition de la violence ; nous sommes entrés dans un temps de déraison. Ces changements que je décris ne sont pas théoriques. Ils affectent la vie de chaque Française et de chaque Français. Et nos concitoyens observent les faits. Ces dernières années ont été marquees par la fin de l'encadrement des activités balistiques et nucléaires, par le développement d'une rhétorique agressive jusqu'au choix récent du régime russe d'adopter une doctrine nucléaire plus menaçante. Comment ne pas être lucide face à ces transgressions ? Comment ne pas comprendre que pour nos compatriotes, c'est une menace réelle, tangible, concrète ? Comment nos compatriotes pourraient-ils éprouver confiance et sérénité quand la carte du monde ainsi se recompose, quand des puissances, rivales ou adversaires, investissent dans leur défense plusieurs fois les montants que nous consacrons à la nôtre ? Quand la technologie est mise au service de la destruction et de la mort, avec la proliferation de drones, la sélection de cibles par algorithme, et demain, un ennemi à visage artificiel ? Comment espérer la paix et la liberté pour nos enfants quand chaque jour les certitudes s'effacent et la force fait loi. Et au fond, ce qui caractérise le moment que nous vivons, c'est le fait que, de manière inédite, nous avons une accélération technologique extrême aux deux bornes, accélération des innovations technologiques maîtrisées par beaucoup, prolifération aussi sur certaines de ces technologies, dont l'accès à l'arme nucléaire, la proximité à celle-ci pour certains, innovation y compris dans la plus grande rusticité chez d'autres, le théâtre ukrainien en est la démonstration. Et dans le même temps, destruction depuis 7-8 ans du cadre international qui nous protégeait. Fin du traité FNI, acté par les Américains, les Russes ne respectant plus depuis plusieurs années. En 2019, fin de tous les dialogues de lutte contre la prolifération nucléaire, etc. Et le croisement de ces deux tendances nous placent dans un monde d'accélération de la menace et d'extrême dangerosité pour nous. C'est ce qui fait que si aujourd'hui, nous sommes l'armée la plus efficace d'Europe, oui, il nous faut continuer le réveil avec nos partenaires, mais accroître encore plus nos efforts, car la transformation que je suis en train de décrire a, et aura, des conséquences profondes. Aussi, pour disposer de l'armée la plus efficace du continent, il nous faut opérer un vrai choc de souveraineté et de compétitivité européen. Nous avons commencé à changer de paradigme avec beaucoup de lucidité, et le travail que la France, ces dernières années, a conduit en Europe n'est pas rien à cet égard. Je le rappelle à chaque fois, mais beaucoup nous disaient : « vous avez vos idées françaises, elles sont bien sympathiques ». Mais personne ne pensait qu'on irait vers un Fonds européen de la défense, que nous irions parler d'autonomie stratégique ou de souveraineté européenne en parlant de défense, il y a de ça à peine 6 ans. C'est aujourd'hui le langage commun de tous. Mais nous devons changer d'échelle dans nos montants consacrés à la défense et dans l'approche. En effet, l'Europe ne peut espérer assurer sa paix et sa sécurité en continuant de dépenser moins que les autres continents ou espaces politiques. Et à cet égard, même si beaucoup ont rattrapé ces dernières années, l'accélération que nous constatons en Chine, aux États-Unis, en Russie, et même chez des puissances intermédiaires qui sont en train aussi d'aller à l'escalade, fait que les Européens ne peuvent rester avec des normes ou des référentiels qui ont été pensés parfois, il y a 10 ou 15 ans. Nous avons devant nous un mur d'investissement. Alors oui, nous avons commencé, en particulier avec ce Fonds européen pour la défense, que d'aucun jugeait impossible, nous l'avons fait. Désormais, plusieurs milliards d'euros sont dédiés à la recherche aux équipements de défense pour l'Europe. Nous ne sommes pas seuls non plus dans cette aventure. En Allemagne, le réveil dès 2022 s'est constaté avec, là aussi, un fonds exceptionnel, et ceci devra être poursuivi. En Pologne, en Grèce, en Suède, en Norvège, dans de nombreux pays européens, on a vu un sursaut, là aussi, de l'investissement important. Un mouvement de réarmement, que je veux ici saluer, est amorcé pour mieux protéger, et évidemment, le prochain cadre financier pluriannuel devra aussi porter ses ambitions à l'échelle de l'Union européenne. L'Europe de la défense évolue donc en termes réels, mais elle doit continuer de changer d'échelle et résolument accélérer. Changer d'échelle, cela suppose d'investir plus, mais aussi de transformer profondément nos méthodes. En Europe, nos acquisitions et industries sont trop morcelées. Là où les États-Unis d'Amérique ont 8 principaux types de plateformes terrestres, l'Union européenne en rassemble 62. Dans le domaine naval, le rapport est de 6 aux États-Unis pour 47 en Europe. Il faut donc aller vers plus de programmes communs, accepter de choisir le champion européen plutôt que dans l'entretien d'industries nombreuses et moins performantes. C'est un chemin stratégique qu'il nous faut emprunter sans naïveté. Je sais combien nos industriels, à raison, sont attachés à la simplification. La simplification consiste à choisir les meilleurs en Europe et à tout y investir, et à sortir de la logique que nous avons toujours eue jusqu'à présent, qui était, au fond, de financer tout le monde de la même manière. Et donc l'Europe, c'était la poursuite de notre fragmentation. On ne peut pas moins investir que les États-Unis d'Amérique et avoir 6 ou 7 fois plus de standards qu’eux, et continuer à essayer de réussir dans cette compétition. On doit investir plus, mais on doit aussi simplifier, intégrer, accepter d'avoir des champions européens. Soyons clairs, nous ne serons pas toujours les champions européens, mais au moins serons-nous sûrs que les champions européens auront une vocation mondiale. Le risque, c'est une marginalisation de tous les Européens dans cette compétition, dans beaucoup de segments. Et donc, ce chemin stratégique, nous devons l'emprunter sans naïveté. Et les programmes communs d'avions de combat, de chars, de défenses solaires ou de missiles sont à cet égard clés, comme les réussites que nous avons su avoir ces dernières années, du Rafale à l’A400M et qui doivent pouvoir nous guider dans ce chemin. Il faut aussi des structures d'acquisition performantes. La DGA est enviée et peut inspirer en Europe. Ce modèle précieux doit cependant être modernisé et je sais tout le travail qui a été fait ces dernières années. L'approche de nos propres acquisitions doit évoluer pour favoriser l'innovation, l'adaptation réactive là où cela est nécessaire, l'acquisition de drones pour l'armée de Terre ne peut suivre le process défini pour construire un avion de combat. C'est évident. Et c'est ce que vous avez su bousculer ces dernières années. Une révolution dans les affaires capacitaires est en somme, là aussi, nécessaire. Être efficace, c'est tout le sens du chantier d'économie de guerre que nous avons initié il y a deux ans. Et je veux ici saluer tout le travail, l'engagement du ministre, de l'ensemble de nos armées et votre engagement, tous les personnels aussi civils et puis nos industriels. Je sais toutes les transformations et tout ce que nous avons su durant ces un peu plus de deux ans bousculer et améliorer. Nous avons ainsi pu revoir des modus operandi industriels, réintroduire des activités en France. Nous avons progressé dans de nombreux domaines. Plusieurs ont montré l'exemple, mais nous devons encore faire mieux. Entamer une deuxième étape de transformation plus structurelle, indispensable pour gagner encore en efficacité. Et au fond, la guerre en Ukraine a été un déclencheur, mais il nous faut maintenant rentrer dans nos habitudes, ce dialogue constant, ce changement des processus, cette accélération de nos méthodes face à la compétition internationale. Changer d'échelle, cela suppose de rénover aussi notre logique et nos instruments. Nous ne pouvons pas nous endetter collectivement, dépenser davantage pour notre défense, pour subventionner les industries d'armement, la richesse et les emplois d'autres continents. Je le dis ici avec beaucoup de force, car quand on dit dépenser plus pour nos armées, dans beaucoup de pays, peut-être chez beaucoup de commentateurs européens, ça veut encore trop souvent dire acheter plus de matériel américain. Alors, c’est vrai, certains, ces dernières années, ont parfois aussi acheté du matériel sud-coréen et ont cherché à diversifier. Mais nous, ce n'est pas comme ça que nous l'entendons. Non, si nous voulons être cohérents, et si la nation est prête à faire ce choix, qui, dans les temps que nous vivons, est un choix grave, profond, coûteux, en opportunité par rapport à d'autres choix que nous pourrions faire, c'est bien pour nous protéger, c'est bien pour nous équiper et c'est aussi pour créer de la valeur dans notre pays. Et la logique industrielle est à cet égard inseparable de la véritable souveraineté. Oui, la France défend et continuera de défendre une préférence européenne. Préférence Européenne pour avoir un vrai rendement sur nos efforts budgétaires, pour créer des emplois à Rennes, comme dans tout le territoire et sur tout le continent européen. Préférence européenne pour demeurer maître de notre destin, nous délivrer de nos dépendances, échapper au sort insensé qui nous voit nous contenter d'être de simples clients d'autres puissances quand il s'agit de nous défendre. Préférence européenne parce que nous avons aussi chez nous des réussites exceptionnelles. Regardez les succès à l'export, comme le RAFALE, mais aussi nos sous-marins. Regardez la performance de nos matériels au combat en Ukraine avec le CAESAR, le SAMP/T. Nous avons construit des succès, des succès qui sont reconnus sur nos théâtres d'opérations actuels. Nous sommes en train de bâtir les futures générations, si je reviens aux dernières cités, qui sont clairement compétitives, nous avons des succès à l'export et donc il n'y a aucune fatalité. Construisons sur ces succès et cette excellence. Ne laissons pas cet effort de dépense européenne être entravé par des habitudes, parfois des fausses certitudes, par la bureaucratie, les règlements, les procédures. Et donc, assumons la préférence européenne, elle est indispensable pour notre souveraineté. Et elle est indispensable, car le jour où certains auront construit leur dépendance capacitaire, excessive, même à l'égard de formidables alliés d'aujourd'hui, que sont les États-Unis d'Amérique, qui nous dit que dans 10 ans, dans 15 ans, leur priorité ne sera pas plutôt chinoise ou indopacifique, et si nous, notre priorité sécuritaire continue à être notre borne ? Où se feront les choix ? Comment se feront les choix ? J'ai une réponse simple. C'est le fournisseur qui fera les choix pour nous. Et donc notre vocation n'est pas d'être des clients, mais d'être des nations souveraines en Europe. La préférence européenne doit aller avec ce choc de compétitivité que j'évoquais, qui consiste à ne pas réguler avant d'innover. Et là aussi, dans beaucoup de domaines, il nous faut savoir bâtir une capacité à être à la frontière technologique, qu'il s'agisse de l'espace, du cyber, du quantique, de l'intelligence artificielle. Et là, nos armées sont exposées aux mêmes risques que nos industries dans le civil, c'est que notre continent européen, aujourd'hui, diverge par une regulation excessive et parfois une capacité à regular avant d'innover. Ce que nous avons par trop fait sur l'intelligence artificielle, y compris ces dernières années, j'avais eu l'occasion d'alerter. Et donc, là aussi, soyons compétitifs et cohérents. C'est la capacité d'autonomie stratégique qui est posée et qui se joue maintenant et pour les prochaines générations. Sur l'espace en particulier, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre la course. Et là aussi, j'évoquais l'intelligence artificielle, mais sur le spatial, c'est la capacité d'un accès souverain des Européens à l'espace qui se joue dans les toutes prochaines années. Rien de moins que cela pour le civil comme pour le militaire. En somme, sur tous ces volets, il nous faut investir, simplifier, protéger et avoir une préférence européenne. C'est le seul moyen d'un réveil européen réel. J'entends que certains voudraient nous rendre plus grands, qu'ils se rassurent, nous nous en occuperons seuls, mais oui, en avant les Européens, pour reprendre plutôt l'interpellation de Churchill le 19 septembre 1946, c'est de cela dont il s'agit. À nous d'aller de l'avant, à nous de nous réveiller, d'agir en européen, d'en tirer toutes les conséquences et de ne laisser personne, quels que soient les modes actuels, nous dicter l'avenir qui devrait être le nôtre. À nous de ne céder à aucune solution de facilité, elles n'existent pas. Il n'y a que par l'investissement, le travail de chaque jour, la capacité à nous appuyer sur nos forces et à réparer nos faiblesses que se bâtit l'avenir. Ça tombe bien. C'est ainsi que la France a fait, au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, qu'elle a pu constituer l'armée qui est la sienne, que ses choix, d'ailleurs, nous ont permis de continuer à pouvoir être maître de notre destin, y compris ces dernières années. Et donc, notre responsabilité, c'est de continuer de voir loin. Nous en avons la force, et je l'ai encore vu aujourd'hui à Rennes, ce génie d'innovation dans les domaines d'avenir. Et partout, vous trouvez des solutions, vous formez, vous préparez des talents indispensables. C'est une énergie qui se mobilise, et nous venons à l'instant de le voir sur l'intelligence artificielle avec l'Agence ministérielle pour l'Intelligence Artificielle de Défense, l'AMIAD. Et j'attends que vous soyez les meilleurs en IA, dans le cyber, dans le quantique, dans l'espace. C'est à notre main. Cette armée de références portera à l'OTAN une voie européenne. J'entends en la matière des débats parfois abscons qui nous taraudent sur l'OTAN et l'Europe. Là aussi, nous avons beaucoup progressé ces dernières années. Rappelez-vous, il y a 6 ans, il était impossible de parler d'Europe à l'OTAN. Nous nous diluions à l'époque dans l'Alliance. Je crois à l'inverse dans un pragmatisme absolu. Là aussi, l'en même temps est possible. L'en même temps, c'est de la constance, ce n'est pas de l'ambiguïté. L'OTAN est un cadre de solidarité extraordinaire. C'est la matrice d'une interopérabilité qui vous permet d'agir en coalition sur tous les fronts. Cette richesse est essentielle. Elle repose sur l'engagement de tous ses membres, du continent américain à l'Europe. Dans le temps, le renforcement du pilier européen doit être notre horizon et il faut y œuvrer, comme nous le faisons depuis 7 ans et comme je propose de le faire pour les années à venir. Cela passe à la fois par le développement de la défense européenne, par la coopération aussi entre l'Union européenne et l'OTAN. Soyons pragmatiques. La mobilité militaire en Europe l'illustre. Cela vient de m'être présenté à nouveau à l'instant. Les solutions sont européennes pour des défis qui engagent l'efficacité de l'OTAN. Et de manière très claire, si nous voulons que notre Alliance soit efficace, aux Européens d'être progressivement de plus en plus engagés dans leur sécurité. C'est logique. Et cela correspond à la demande qui nous est faite par nos alliés américains. Et au fond, il y a deux manières de répondre à cette demande. Et au fond, il y a deux manières de répondre à cette demande. D'abord, ne nous laissons pas dicter nos choix. Si nous investissons, décidons de le faire. Ne le faisons pas comme la réponse à des leçons qui nous seraient données par-delà l'océan. Ensuite, si nous voulons dépenser plus, faisons-le par des opérations, faisons-le par de véritables opérations et déploiements militaires, plutôt qu'une fois encore en achetant sur étagère ce qui est donné par d'autres. La défense européenne, c'est notre garantie de savoir agir si nos intérêts sont en jeu. Elle renforce l'OTAN et nous avons besoin. Et je le dis ici parce que la France croit en la force de l'OTAN. Elle l'a fondée et elle y a contribué, elle l’a transformé ces dernières années, parce qu'il existe une culture stratégique de l'Alliance atlantique, parce qu'elle est l'espace de coopération naturelle avec les États-Unis, tant qu'ils restent engagés dans la sécurité européenne, parce que l'Alliance peut agir sur des espaces décisifs pour nous. Je pense à l'Arctique ou à la Baltique, à son échelle aussi, avec son organisation militaire et sa capacité à anticiper, préparer, agir. Une fois cela dit, soyons lucides, et là aussi, ne nous payons pas de mots. Ce n'est pas être un mauvais allié qu'être un allié critique et exigeant. Les changements politiques et stratégiques profonds qui parcourent le monde peuvent légitimement susciter chez nos partenaires européens des inquiétudes sur l'Alliance. Notre allié américain affirme que l'on doit dépenser plus, il a raison, et la France a pris ses responsabilités. Elle n'a pas attendu, comme je le rappelais, pour réengager ce réinvestissement dans sa défense. Mais cet effort nous permet de consolider notre souveraineté nationale. Il renforce l'Europe et il nous donne une capacité à choisir nos priorités. C'est cet effort que j'évoque, celui que nous portons depuis plusieurs années et que nous allons poursuivre, c'est aussi celui d'une puissance dotée, pleinement souveraine, consciente du rôle particulier que cela lui donne dans la défense de notre continent. La France va à cet égard au-delà des 2 % du PIB pour sa défense. Est-ce pour autant suffisant pour un monde qui sort de ses gonds ? Est-ce suffisant pour atteindre la masse, la profondeur, la rusticité et l'innovation ? Pour le cas échéant, nous défendre dans une confrontation majeure. Est-ce suffisant pour nous organiser à l'échelle européenne et disposer de moyens de combat en quantité significative ? Demain, que ferons-nous en Europe si notre allié américain retire ses navires de guerre de la Méditerranée, s'il bascule ses avions de chasse de l'Atlantique vers le Pacifique ? Ce sont tous ces scénarios auxquels nous devons nous préparer. Ce sont tous ces scénarios auxquels nous sommes en train de nous préparer. Et je n'ai pas évoqué là beaucoup d'autres choses qui pourraient advenir. Face à tous ces scénarios, c'est simple, la réponse devra venir de nous, Français et Européens. Faisons donc de cette nécessité d'autonomie une opportunité, celle d'un réveil stratégique européen. Ces dernières années ont suffi à démontrer à ceux qui pensaient que ces scénarios avaient quelque chose d'illusoire, de politique-fiction, qu'ils adviennent plus rapidement qu'on ne le pense, Plus rapidement qu'ils ne croient. Pour notre sécurité, qui repose sur des qualités de force, d'agilité, de flexibilité, qui impose une capacité à agréger, à tirer profit de l'interopérabilité construite avec l'OTAN, à disposer de moyens de commandement, un cadre qui permette à ceux qui veulent agir pour la sécurité de notre continent, du Royaume- Uni à la Moldavie, des Balkans à la Norvège, de pouvoir le faire. C'est ce à quoi nous devons nous préparer. Oui, au sein de l'OTAN, de pouvoir nous preparer aux scenarios du pire, à certains scénarios qui sont crédibles, et au fond, d'être une nation cadre qui pourra agréger ses capacités, bénéficier de l'interopérabilité, mais qui aura construit sa part d'autonomie, qui aura attiré avec elle les autres Européens à le faire et qui pourra assurer sa défense à ses frontières ou face à l'adversité qui peut survenir. C'est là, encore une fois, où être une puissance dotée nous donne un rôle singulier. Soyons donc forts, réduisons nos dépendances dans les secteurs stratégiques en investissant dans notre base industrielle, dans nos emplois, dans nos régions, et soyons capables d'entraîner, d'agréger, de coordonner les autres nations. Alors ainsi, nous pourrons agir avec nos alliés et nos amis européens. Alors ainsi, avec les Américains, nous serons forts et unis dans l'alliance face aux menaces sur le continent. Voilà quel doit être l'alignement de bon sens. Pour devenir l'armée la plus efficace d'Europe, il nous faut, au-delà de cette clarification sur l'OTAN, accepter de vraies bascules stratégiques. Notre obsession depuis 7 ans, c'est d'adapter sans cesse nos moyens aux menaces, adjuster notre arsenal à l'état du monde et nous préparer à la guerre de demain et d'après-demain. Rien ne sert de regretter le passé, il faut préparer l'avenir. En Afrique, nous avons opéré un changement structurel de notre présence, changement qui n’ôte rien aux sacrifices consentis hier par vos frères d'armes au Sahel pour nos intérêts, notre sécurité et nos valeurs, lorsque nous sommes intervenus à leur demande dans les pays menacés. Mais changement nécessaire de réinvention de nos partenariats dans une Afrique dynamique dont la jeunesse porte beaucoup d'espoir. Cela passe en effet par un partenariat de sécurité repensé qui est en cours de déploiement, plus de formations dans nos écoles, plus d'exercices et de coopérations ponctuelles, des coopérations capacitaires qui sont, là aussi, une vraie transformation de notre approche à l'égard de l'Afrique, et je compte sur vous pour l'accompagner, et une empreinte plus légère. Il nous faut prolonger notre présence, notre partenariat stratégique, mais différemment. Prolonger artificiellement une empreinte partout où elle n'était plus souhaitée par ses hôtes, par ses bénéficiaires, aurait été une mauvaise politique. Ce changement est, je le crois, parfaitement compréhensible par nos compatriotes. Ils comprennent aisément que dans la réorganisation de nos efforts, votre présence soit plus nécessaire parfois sur des théâtres, qu'ils soient anciens ou nouveaux, où se joue notre avenir : sur notre territoire métropolitain, dans nos Outre-mer ou dans d'autres géographies. À Mayotte, le voisinage de la corne de l'Afrique, les risques climatiques, terroristes, migratoires imposent de nouvelles réponses. Et je sais combien FAZSOI y répondent aussi en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie, à La Réunion, en effet, se joue notre présence dans l'Indopacifique, sur les rives duquel s'affrontent les grandes puissances. Et nous avons eu raison de faire ce pivot ces dernières années, et nos Outre-mer sont au cœur de ce pivot Indopacifique, et nous donnent une crédibilité stratégique, la marque de notre constance dans cette région, et permet de relayer notre offer industrielle. En Guyane et aux Antilles, nous sommes plus exposés aux dérèglements du monde, aux narcotrafics, aux catastrophes climatiques, aux migrations, et les résultats des derniers jours de notre marine ou de notre gendarmerie l'ont encore montré. Oui, dans nos Outre-mer, il faut protéger davantage nos compatriotes et être en défense des opportunités de tel territoire. C'est l'un des axes majeurs de la LPM en cours. La ligne de notre sécurité passe évidemment aussi par nos frontières en Europe et par l'Ukraine. Je le dis ici sans tergiverser. Soyons fiers de l'effort que la nation a consenti pour l'Ukraine. L'Ukraine, aujourd'hui, est la sentinelle de l'Europe. Je sais votre engagement, votre effort et votre action, notamment dans la formation. Et cet engagement de votre part est essentiel. Comme nous avons eu raison, en février de l'année dernière, d'organiser ce sursaut européen, de recréer de l'ambiguïté stratégique et de remobiliser nos partenaires dans un moment qui était si risqué. Mais cet engagement de votre part suppose la franchise la plus complète. Et je le dis ici avec force : ne nous leurrons pas. Ce conflit ne se terminera pas demain ni après-demain et ce conflit ne sera pas la fin du sujet de sécurité que la Russie pose aux Européens plus largement. Et du Caucase à nos amis baltes, ce risque demeurera. L'enjeu aujourd'hui est de donner les moyens à l'Ukraine de durer et d'entrer dans toutes futures négociations en position de force. L'enjeu demain, quand les hostilités s'arrêteront, sera de donner à l'Ukraine des garanties contre tout retour de la guerre sur son territoire et des assurances pour notre propre sécurité. À cela, l'Europe doit prendre toute sa part, comme nos armées le font déjà sur le flanc Est dans le cadre de l'Alliance. L'Europe devra prendre toute sa part, car ses parts, ses garanties de sécurité et au-delà l'architecture de sécurité que nous bâtirons, que là aussi, nous défendrons souveraineté et sécurité. Et c'est ce qui nous permet aujourd'hui de dire qu'il ne peut pas y avoir de paix et de sécurité en Europe sans les Européens et sans qu'elles ne soient négociées par les Européens. Oui, la ligne de front s'est rapprochée. Voilà pourquoi nous devons d'abord reconfigurer notre présence dans le monde, y compris dans ces espaces où la fonte des glaces crée de nouvelles situations géopolitiques. Qui aurait pensé il y a encore un an que le Groenland serait au centre des débats politiques et stratégiques. C'est ainsi. Voilà pourquoi ensuite nous devons revenir à l'essentiel et accepter des bascules face à l'accumulation des menaces, à l'évolution des risques et de nos intérêts. Nous devons le voir et nous adapter, se mettre en cohérence. Alors face à cette accélération du monde, aux défis que je viens d'évoquer, notre défense est-elle au maximum de ses capacités, est-elle parée au risque du monde comme il va, des périls de l'époque telles qu'elle est ? C'est à nous de le trancher. Les Français m'ont confié la responsabilité de leur protection. C'est la raison pour laquelle je demande que l'on me propose les actions nécessaires pour que notre défense s'adapte à ce nouvel environnement. Je demande donc au SGDSN de me proposer, d'ici le mois de mai, une actualisation de la Revue nationale stratégique qui définisse les contours de notre défense globale et du réarmement, y compris moral. Je demande en particulier au ministre des Armées, dans ce cadre, de mobiliser la réflexion sur la défense, sa BITD, l'impact des nouvelles technologies, pour nourrir ce travail d'actualisation. Je saurai sur cette base prendre les décisions nécessaires. J'attends de vous des idées, de l'allant, de l'invention. Au fond, cette forme d'audace et de courage venue du peuple, cette force qui, lorsqu'elle se trouve employée à la défense de la nation, fait de notre peuple un grand peuple. Enfin, ces bascules stratégiques se jouent aussi chez nous. Vous le savez, notre défense n'existe pas sans une veritable force morale et une cohésion nationale. Je l'évoquais à Brienne, il y a de ça bientôt deux ans. Notre force morale, oui, cette capacité de tout un pays à se tenir prêt, à accompagner par l'effort réel et la pensée solidaire nos armées sur le front. Ce ciment qui nous tient et nous fait, comme Français, soldats d'un certain idéal. Disposer de l'armée la plus efficace d'Europe est une chance pour la nation toute entière. Et votre place au cœur de notre défense fait de vous un ferment d'unité de notre pays. Depuis 7 ans, je porte l'idée de faire nation avec notre jeunesse pour inculquer l'esprit de cohésion, resilience face aux risques, apprentissage de nos valeurs. Alors, face à l'accélération des périls, je crois aujourd'hui que nous devons, avec réalisme, proposer à notre jeunesse un engagement fort. Nous le voyons au moment des grandes catastrophes, il existe une formidable énergie prête à donner son temps, ses talents. Nous le voyons aussi de cette énergie, nous savons faire si peu. De cet élan citoyen, trop souvent, nous le dispersons. À ceux qui ont soif d'idéal, nous n'avons pas toujours de réponse d'engagement suffisamment exigeante ou structurée. Aujourd'hui, nous nous contentons d'un recensement, d'une Journée défense et citoyenneté, et je sais que vous en faites tous le constat, c'est trop peu. D'où l'ambition du SNU. J'ai pu rencontrer les premiers jeunes qui ont fait l'expérience du Service National universel, mesurer leur satisfaction, leur plaisir à se retrouver plusieurs mois après pour poursuivre un engagement commun au service de notre nation, entendre leurs témoignages chaleureux, porteurs d'espoir et de confiance. C'est pour moi une source de confiance dans notre jeunesse. Il faut aujourd'hui tracer un chemin que beaucoup espèrent, donner le choix de servir. Non pas rétablir le Service national obligatoire, mais permettre à une jeunesse volontaire d'apprendre avec les armées et d'en renforcer les rangs grâce à des talents recherchés, de vivre aussi dans un environnement où les différences s'effacent pour remplir une mission qui donne du sens, celui du service, de l'entraide, du respect, de faire nation. Donner le choix de servir. Pour cela, nous devrons mieux détecter les volontaires, leurs compétences, leurs progressions professionnelles, les former et être capables de les mobiliser le jour venu, de les employer en renfort des armées, en métropole ou ailleurs, ou potentiellement d'autres ministères qui pourraient être appelés. Après l'armée de métiers, c'est la réserve de professionnels qu'il nous faut à présent mobiliser en appui, en appoint. La loi de programmation militaire prévoit d'atteindre un réserviste pour deux militaires d'actifs en 2035, soit 100 000 personnes. Pour constituer cette réserve, la Journée de défense et de citoyenneté sera rénovée et redeviendra demain un moment de temps retrouvé avec les armées. Ce sont ainsi chaque année 800 000 jeunes. Parmi eux, certains se signaleront et diront qu'ils répondront présents si la nation les appelle. Donner le choix de servir. Que chacun, dans notre jeunesse, se demande comment être utile à la nation et la nation saura lui confier une mission adaptée à ses talents, ses connaissances, son état de santé. Que chacun puisse s'engager volontairement et soit prêt à servir en cas de crise, au sein des unités dont il fait partie comme réserviste. Que tous, nous retrouvions ainsi un esprit de fraternité et d'action, celui qui vous anime chaque jour et sur lequel nous devons prendre exemple. C'est pourquoi je souhaite que des propositions me soient faites avant le mois de mai pour réaliser ce nouvel élan, que notre jeunesse devienne à son tour gardienne de la noblesse du monde, qu'elle soit cette force, ce supplément d'âme. Monsieur le ministre, mon général, je compte sur vous pour porter cet acte fort pour la nation et me faire ses propositions pour le mois de mai prochain. Mesdames et messieurs, dans cette époque de montée des périls, nous devons être au rendez-vous. Ne cédons rien aux certitudes réconfortantes, pas plus que nous ne devons céder au fatalisme décourageant. Tenons-nous prêts. Pour conserver l'essentiel, nos intérêts et nos valeurs, soyons toujours prêts à tout remettre en cause, nos méthodes, nos dispositifs, notre présence dans le monde. L'essentiel, ce qui nous fait et nous fonde, c'est vous. Votre engagement, votre sacrifice, celui de vos frères tués, blessés, invalides. L'essentiel, c'est cet éternel français fait de mémoire et d'espérance. Ce sont les visages que je vois, venus de tous les milieux, de toutes les régions, de tous les horizons de France. Oui, la France est bien cette nation dont l'avenir est dans tant de mains. Ainsi, nous tiendrons notre rôle en première ligne. Nous protégerons les Français et les intérêts de la nation. Je forme donc devant vous, en ce mois de janvier, des vœux de reconnaissance pour votre engagement, pour les efforts demandés, à vous-mêmes, à vos proches, reconnaissance aussi pour le sacrifice des tués, des blessés, des invalides. Je forme des vœux de confiance. Nous avons l'excellence, les talents, la détermination et la force d'âme. Je forme des vœux d'espérance. Nous saurons être à la hauteur de notre histoire, en première ligne face aux menaces. Vive la République, vive la France ! | Наилучшие пожелания армиям от Командования цифровой и киберподдержки наземных войск Сессон- Севинье. Господин министр вооруженных сил, дамы и господа министры, дамы и господа парламентарии, господин начальник штаба вооруженных сил, господин префект региона, господин председатель регионального совета, господин председатель совета департамента, господин мэр, госпожа мэр, господин генеральный секретарь обороны и национальной безопасности, госпожа генеральный директор, господин генеральный делегат по вооружениям, господин генеральный секретарь по административным вопросам, господа главы государств - майор армии, господин генеральный директор национальной жандармерии, дамы и господа, генералы, офицеры, унтер-офицеры, старшины, солдаты, матросы, летчики и гражданский персонал Вооруженных Сил, дамы и господа, в ваших званиях и качествах, Я очень рад и горд снова встретиться с вами для этих пожеланий. Прошедший год был исключительным во многих отношениях, потому что было много фронтов, и вы были там, на всей нашей территории и в каждый момент. Там, в постоянстве сдерживания, которое будет продолжать модернизироваться во всех своих компонентах; Там, столкнувшись с террористической угрозой, ослабевшей в прошлом году во Франции благодаря общим действиям, но которая никуда не исчезла, мы видели ее в Германии или в Соединенных Штатах. Вы были там, столкнувшись со стихийными бедствиями, снова поддерживая несколько недель назад наших сограждан Майотты, также участвовавших в боевых действиях в Новой Каледонии, наводя мосты, соединяющие материковую Францию и кризисные зоны. Там же, на всех наших заморских территориях, чтобы обеспечить нашу безопасность, наш суверенитет, бороться с торговлей людьми, снова в последние дни. Там, на всех горизонтах, с Востока и Севера Европы, с нашими союзниками из НАТО и Европейского Союза, в Красном море, с миссией Аспидс, которую вы осуществляете, в Ливане, из которой я возвращаюсь, чтобы Левант, перед лицом терроризма, да, там, от Атлантики до Индо-Тихоокеанского региона, который был одним из поворотных моментов последних лет, от Сингапура до Индии, от Индонезии до Малайзии, от Катара, Объединенных Арабских Эмиратов и Саудовская Аравия, вы увеличили количество точек поддержки, и доверие к нашим вооруженным силам также способствовало укреплению стратегических отношений и связей с нашими промышленниками. Исключительный год, потому что нация также сияла и демонстрировала смелость, гордость и гармонию. Вы внесли свой вклад в успех наших Олимпийских и Паралимпийских игр, благодаря вашим миссиям по обеспечению безопасности, в совершенство наших киберопераций, мы только что снова в этом убедились, но вы также внесли свой вклад в их послужной список, я этого не забуду. , и Я приветствую многочисленных чемпионов, вышедших из ваших рядов. Вы внесли свой вклад в повторное открытие собора Парижской Богоматери. И вместе с вами, наконец, нация вспомнила жертвы тех, кто отдал свою жизнь, освобождая родину, от пляжей Нормандии до Прованса, а затем и до Эльзаса, — живая память, которая является основой того, кем мы являемся. Этот исключительный год также отмечен нашими недавними обязательствами и жертвами, которые страна приносит ради своих сил и своих людей. Мы реинвестировали значительные средства в наши вооруженные силы. Через десять лет бюджет наших вооруженных сил увеличится вдвое. Ремонт, затем трансформация. Мы внедрим наши законы о программировании с точностью до евро, что является беспрецедентным событием. Мы значительно укрепили наши возможности, наши ресурсы, провели ремонт, внедрили инновации, а также подготовились к будущему во всех областях. В этой связи я не забываю и о трансформации наших служб: DRSD, DRM, DGSE, в дополнение к тому, что было сделано для внутренней безопасности. Мы также позаботились о защите наших мужчин, я имею в виду семейный план, план помощи раненым, а также приняли меры по обеспечению лояльности. Потому что Франция знает, чем она обязана своим армиям. Она неизменно заботится о своих скорбящих семьях, своих раненых, своих инвалидах. И в этом отношении я хотел бы особо отметить, а также приверженность министра вооруженных сил, уважаемого Себастьена ЛЕКОРНЮ. Я также знаю о действиях, которые вы предпринимаете, госпожа министр, дорогая Патрисия МИРАЛЬЕС, вместе с министром, ради памяти и борющегося мира. За несколько лет мы исправили прошлое и подготовились к будущему. И я это ощущаю, министр и CEMA тоже рядом со мной, на каждой из наших встреч во время визитов в войска. И я знаю, как передать здесь общее чувство, я думаю, что могу это сказать, наших солдат, моряков, летчиков, гражданских лиц, занятых в сфере обороны, но также и наших промышленников, наших государственных служащих, наших избранных представителей. Что-то в наших армиях снова пришло в движение. Там, где за столько лет мы привыкли организовывать закрытие баз, мы реинвестировали, восстановили мощности. На самом деле, иногда это сложно, потому что люди полностью в это верят, потому что разум к этому привык. Но давайте будем ясными и точными, и цифры налицо, факты с ними, говоря решительно, мы возвращаемся к инвестициям и движению вперед. Мы добились успеха в перевооружении на деле и в умах. В отличие от многих наших партнеров в Европе, мы предвидели это и не стали дожидаться 2022 года, чтобы внезапно проснуться. И наши территории переживают эти глубокие изменения, наблюдая воочию инвестиции, рабочие места, обустройство наших войск и их семей, консолидацию, иногда возвращение, а также происходящие реорганизации, которые все больше развертываются на нашей территории. присутствие . Итак, я здесь не для того, чтобы просто сказать «удовлетворен» и «уходи», но важно сказать обо всем, что было сделано за последние годы, а именно о коллективной работе, которая делает нас намного сильнее, и благодаря этому предвкушению мы также можем смотрим в будущее. Однако означает ли это, что мы можем просто оставить все как есть? Нет. Нет, потому что Франция находится на передовой угроз. И я благодарю CEMA, генерала Тьерри БУРКХАРДА, который знает это, понимает и поддерживает необходимые изменения с мужеством и постоянством. И я ассоциирую с ним начальников штабов армии, которые осуществляют эти перемены. На передовой, потому что мы присутствуем, и это шанс, во всех океанах, во всех зонах конфликта и соперничества, во всех климатических нарушениях, на передовой во всех новых пространствах, кибер или пространственных , цифровые и подводные, где распространяются конфронтации, на передовой линии ожесточения мира из-за войны на Украине и конфликтов на Ближнем Востоке, миграционных, экономических и финансовых проблем, связанных со всеми нарушениями, которые вызывают кризисы. Итак, столкнувшись с этим, с этим миром, находящимся в беспорядке, с тем фактом, что Европа снова подвергается угрозе на своих собственных границах, с тем фактом, что как архипелажная держава, помимо наших заморских территорий, мы подвергаемся воздействию многих театров военных действий, о которых некоторые люди не знают. . от наших европейских соседей. Означает ли это, что мы безоружны? Нет, не больше. Но в мире, где правила стираются, а арсеналы пополняются, нам нужно двигаться дальше и быстрее. За 7 лет мы многое сделали, сегодня вы представляете самую боеспособную армию в Европе. Это факт. Но линия фронта приближается, и угроза меняется. И если мы откажемся это увидеть, если мы откажемся увидеть это ускорение угрозы, если мы откажемся от необходимых усилий, то мы не выполним свой долг и свое призвание. Дать Франции самую эффективную армию в Европе сегодня и завтра. Это цель Франции, и мы должны коллективно ею руководствоваться. Да, потому что этого требует положение дел в мире. Угрозы, по сути, накапливаются: ослабление норм международного права, растормаживание насилия; мы вступили в эпоху неразумия. Изменения, которые я описываю, не являются теоретическими. Они влияют на жизнь каждой француженки и каждого француза. И наши сограждане наблюдают факты. Последние годы были отмечены прекращением надзора за деятельностью в области баллистических и ядерных вооружений, развитием агрессивной риторики вплоть до недавнего решения российского режима принять более угрожающую Ядерную доктрину. Как мы можем не быть трезвыми перед лицом этих преступлений? Как мы можем не понимать, что для наших соотечественников это реальная, ощутимая, конкретная угроза? Как могут наши соотечественники чувствовать уверенность и спокойствие, когда карта мира перестраивается таким образом, когда державы, соперники или противники, вкладывают в свою оборону в несколько раз больше средств, чем мы выделяем на свою? Когда технологии поставлены на службу разрушению и смерти, когда широко распространены беспилотники, цели выбираются алгоритмами, а завтра появляется враг с искусственным лицом? Как мы можем надеяться на мир и свободу для наших детей, когда с каждым днем определенность исчезает, а сила становится законом? И в основном, то, что характеризует момент, в который мы живем, это тот факт, что беспрецедентным образом мы имеем чрезвычайное технологическое ускорение с обеих сторон, ускорение технологических инноваций, освоенных многими, распространение также некоторых из этих технологий, включая доступ к Ядерное оружие, близость к нему для одних, инновации, в том числе и в наибольшей степени простоватые для других, украинский театр является демонстрацией этого. И в то же время, разрушение за последние 7-8 лет международной структуры, которая нас защищала. Расторжение Договора о РСМД, подписанного американцами, поскольку русские не соблюдали его в течение нескольких лет. В 2019 году прекращение всех диалогов по борьбе с распространением ядерного оружия и т.п. И пересечение этих двух тенденций помещает нас в мир все возрастающей угрозы и чрезвычайной опасности для нас. Вот почему, если сегодня мы являемся самой эффективной армией в Европе, да, мы должны продолжать пробуждение вместе с нашими партнерами, но при этом еще больше наращивать наши усилия, потому что трансформация, которую я описываю, имеет и будет иметь глубокие последствия. последствия. Кроме того, чтобы иметь самую эффективную армию на континенте, нам необходимо произвести настоящий шок европейского суверенитета и конкурентоспособности. Мы начали менять парадигму с большой ясностью, и работа, которую Франция провела в Европе в последние годы, в этом отношении не является ничем. Я напоминаю об этом людям каждый раз, но многие говорили нам: «У вас французские идеи, они очень милые». Но еще 6 лет назад никто не думал, что мы будем двигаться в направлении Европейского оборонного фонда, что мы будем говорить о стратегической автономии или европейском суверенитете, говоря об обороне. Сегодня это общий язык для всех. Но нам необходимо изменить масштаб наших расходов на оборону и наш подход. Действительно, Европа не может надеяться обеспечить себе мир и безопасность, продолжая тратить меньше, чем другие континенты или политические регионы. И в этом отношении, даже если многие и догнали в последние годы, ускорение, которое мы видим в Китае, в США, в России и даже в промежуточных державах, которые также движутся к эскалации, тот факт, что европейцы не могут оставаться с стандарты или ориентиры, которые иногда были придуманы 10 или 15 лет назад. Впереди нас ждет стена инвестиций. Итак, да, мы начали, в частности, с Европейского оборонного фонда, что некоторые считали невозможным, мы это сделали. Сейчас несколько миллиардов евро направляются на исследования в области оборонного оборудования для Европы. Мы не одиноки в этом приключении. В Германии оживление с 2022 года также наблюдалось с исключительным фондом, и это должно быть продолжено. В Польше, Греции, Швеции, Норвегии и многих других европейских странах мы также наблюдаем всплеск значительных инвестиций. Движение за перевооружение, которое я хотел бы здесь приветствовать, было инициировано для обеспечения лучшей защиты, и, очевидно, следующая многолетняя финансовая структура также должна будет вывести свои амбиции на уровень Европейского Союза. Таким образом, европейская оборона развивается в реальном выражении, но она должна продолжать менять масштабы и решительно ускоряться. Изменение масштаба требует не только больших инвестиций, но и кардинальной трансформации наших методов. В Европе наши приобретения и отрасли слишком раздроблены. В то время как в Соединенных Штатах Америки имеется 8 основных типов наземных платформ, в Европейском Союзе их 62. В военно-морской сфере соотношение составляет 6 в Соединенных Штатах на 47 в Европе. Поэтому нам необходимо двигаться к более общим программам, согласившись выбрать европейского лидера, а не поддерживать многочисленные и менее эффективные отрасли. Это стратегический путь, по которому мы должны идти без наивности. Я знаю, насколько наши промышленники справедливо привержены упрощению. Упрощение заключается в выборе лучшего в Европе и инвестировании всего туда, а также в отходе от логики, которой мы всегда придерживались до сих пор, которая, по сути, заключалась в том, чтобы финансировать всех одинаково. Итак, Европа стала продолжением нашей раздробленности. Невозможно инвестировать меньше, чем Соединенные Штаты Америки, и иметь стандарты в 6 или 7 раз выше, чем они, и все равно пытаться преуспеть в этой конкуренции. Мы должны больше инвестировать, но мы также должны упростить, интегрировать, принять наличие европейских чемпионов. Давайте проясним: мы не всегда будем чемпионами Европы, но, по крайней мере, мы будем уверены, что чемпионы Европы получат мировое призвание. Риск заключается в маргинализации всех европейцев в этом соревновании во многих сегментах. Итак, нам следует без наивности встать на этот стратегический путь. И совместные программы по боевым самолетам, танкам, солнечной обороне или ракетам имеют в этом отношении ключевое значение, как и успехи, которых мы добились в последние годы, от Rafale до A400M, и они должны быть способны направлять нас на этом пути. Также необходимы эффективные структуры приобретения. DGA вызывает зависть и может стать источником вдохновения в Европе. Однако эту драгоценную модель необходимо модернизировать, и я знаю всю работу, которая была проделана за последние годы. Подход к нашим собственным закупкам должен развиваться, чтобы способствовать инновациям и реактивной адаптации там, где это необходимо; закупка беспилотников для армии не может следовать процессу, определенному для создания боевого самолета. Это очевидно. И это то, что вам удалось встряхнуть за последние годы. Короче говоря, революция в вопросах пропускной способности также необходима. Эффективность — вот суть проекта военной экономики, который мы инициировали два года назад. И я хотел бы здесь воздать должное всей работе, преданности министра, всех наших вооруженных сил и вашей преданности, всего персонала, как гражданского, так и наших промышленников. Я знаю обо всех преобразованиях и обо всем, чему мы научились за эти чуть более чем два года, чтобы встряхнуться и улучшиться. Таким образом, нам удалось пересмотреть методы работы промышленности и возобновить деятельность во Франции. Мы добились прогресса во многих областях. Многие показали пример, но нам все еще нужно работать лучше. Начните второй этап более структурной трансформации, необходимой для повышения эффективности. И, по сути, война на Украине стала спусковым крючком, но теперь нам нужно вернуться к нашим привычкам, к этому постоянному диалогу, к этой смене процессов, к этому ускорению наших методов перед лицом международной конкуренции. Изменение масштаба также требует обновления нашей логики и наших инструментов. Мы не можем влезать в коллективные долги, тратить больше на нашу оборону, субсидировать военную промышленность, богатство и рабочие места других континентов. Я говорю это с большой силой, потому что, когда мы говорим, что тратим больше на наши армии, во многих странах, возможно, среди многих европейских комментаторов, это по-прежнему слишком часто означает закупку большего количества американской техники. Так что, это правда, что в последние годы некоторые люди иногда покупали южнокорейское оборудование и стремились диверсифицировать свой бизнес. Но мы так не считаем. Нет, если мы хотим быть последовательными, и если нация готова сделать этот выбор, который в наше время является серьезным, глубоким и дорогостоящим выбором по сравнению с другими вариантами, которые мы могли бы сделать. это хорошо для нашей защиты, это хорошо для нашего оснащения, а также для создания ценностей в нашей стране. И в этом отношении индустриальная логика неотделима от истинного суверенитета. Да, Франция отстаивает и будет отстаивать европейские предпочтения. Европейское предпочтение – получить реальную отдачу от наших бюджетных усилий, создать рабочие места в Ренне, как и на всей территории и на всем европейском континенте. Европейцы предпочитают оставаться хозяевами своей судьбы, освободиться от своей зависимости, избежать бессмысленной судьбы, которая заставляет нас быть простыми клиентами других держав, когда дело касается нашей защиты. Европейское предпочтение, поскольку у нас также есть исключительные успехи на родине. Посмотрите на успехи экспорта, такие как RAFALE, а также на наши подводные лодки. Посмотрите на эффективность нашей техники в боевых действиях на Украине: CAESAR, SAMP/T. Мы добились успехов, которые признаны на наших нынешних театрах военных действий. Мы строим будущие поколения, если вернуться к последним городам, которые явно конкурентоспособны, у нас есть экспортные успехи, и поэтому в этом нет неизбежности. Давайте развивать эти успехи и совершенство. Давайте не допустим, чтобы эти европейские усилия по расходованию средств сдерживались привычками, порой ложной уверенностью, бюрократией, правилами, процедурами. Итак, предположим, что предпочтение отдано Европе, это необходимо для нашего суверенитета. И это важно, потому что наступит день, когда некоторые из них выстроят свою зависимость от потенциала, чрезмерную, даже по отношению к сегодняшним грозным союзникам, которыми являются Соединенные Штаты Америки, которые говорят нам, что через 10 лет, через 15 лет их приоритет будет не будет китайским или индо-тихоокеанским, и если нашим приоритетом в области безопасности по-прежнему будет наш терминал? Где будет сделан выбор? Как будет сделан выбор? У меня есть простой ответ. Выбор за нас сделает поставщик. И поэтому наше призвание — быть не клиентами, а суверенными государствами в Европе. Европейские предпочтения должны соответствовать этому шоку от конкуренции, о котором я упоминал и который заключается в отсутствии регулирования перед внедрением инноваций. И здесь, во многих областях, нам нужно знать, как наращивать потенциал, чтобы находиться на переднем крае технологий, будь то космос, киберпространство, квантовые технологии или искусственный интеллект. И здесь наши армии подвергаются тем же рискам, что и наша промышленность в гражданском секторе, то есть наш европейский континент сегодня отличается чрезмерным регулированием, а иногда и способностью регулировать прежде, чем внедрять инновации. У меня была возможность предупредить о том, что мы слишком много внимания уделяли искусственному интеллекту, в том числе и в последние годы. Поэтому и здесь давайте будем конкурентоспособными и последовательными. Именно способность к стратегической автономии ставится на первое место и реализуется сейчас и для будущих поколений. В частности, в космосе мы не Можем позволить себе проиграть гонку. И здесь я тоже упомянул искусственный интеллект, но в космосе на карту в ближайшие годы будет поставлена возможность суверенного доступа европейцев к космосу. Ничего меньшего и не скажешь о гражданских лицах и военнослужащих. Короче говоря, во всех этих областях нам необходимо инвестировать, упрощать, защищать и иметь европейские преференции. Это единственный способ добиться настоящего европейского пробуждения. Я слышал, что некоторые хотели бы сделать нас больше, они могут быть уверены, мы справимся с этим сами, но да, вперед, европейцы, поддержите призыв Черчилля от 19 сентября 1946 года, вот в чем суть. От нас зависит двигаться вперед, проснуться, действовать как европейцы, делать выводы и не позволять никому, какими бы ни были нынешние тенденции, диктовать нам будущее, которое должно быть нашим. Наша задача — не поддаваться простым решениям, их не существует. Только благодаря инвестициям, ежедневному труду, умению полагаться на свои сильные стороны и исправлять свои слабости можно построить будущее. Это хорошо. Именно так поступила Франция в конце Второй мировой войны, сумев сформировать свою армию, и ее выбор, более того, позволил нам продолжать быть хозяевами своей судьбы, в том числе и в последние годы. И поэтому наша обязанность — продолжать смотреть далеко вперед. У нас есть сила, и я снова увидел ее сегодня в Ренне, этот гений инноваций в областях будущего. И везде вы находите решения, обучаете, готовите необходимые таланты. Это энергия, которая мобилизуется, и мы только что увидели это на примере искусственного интеллекта в Министерском агентстве по искусственному интеллекту обороны (АМИАД). И я ожидаю, что вы станете лучшими в области искусственного интеллекта, кибернетики, квантовой техники и космоса. Все в наших руках. Эта армия ссылок проложит европейский путь в НАТО. Иногда я слышу абстрактные дебаты на эту тему, которые терзают нас по поводу НАТО и Европы. Здесь мы также добились большого прогресса за последние годы. Помните, 6 лет назад в НАТО было невозможно говорить о Европе. В то время мы растворялись в Альянсе. Напротив, я верю в абсолютный прагматизм. Здесь тоже возможно «одновременно». В то же время это последовательность, а не двусмысленность. НАТО — это исключительная структура солидарности. Именно матрица взаимодействия позволяет вам действовать коалиционно на всех фронтах. Это богатство имеет важное значение. В его основе лежит приверженность всех его членов — от американского континента до Европы. Со временем укрепление европейской опоры должно стать нашей целью, и мы должны работать в этом направлении, как мы делаем уже 7 лет и как я предлагаю делать в предстоящие годы. Это касается как развития европейской обороны, так и сотрудничества между Европейским союзом и НАТО. Давайте будем прагматичны. Иллюстрацией этого является военная мобильность в Европе. Это только что снова пришло мне в голову. Решения проблем, влияющих на эффективность НАТО, являются европейскими. И совершенно очевидно, что если мы хотим, чтобы наш Альянс был эффективным, европейцы должны все больше и больше заботиться о своей безопасности. Это имеет смысл. И это соответствует просьбе, обращенной к нам нашими американскими союзниками. И по сути, есть два способа ответить на этот спрос. И по сути, есть два способа ответить на этот спрос. Во-первых, давайте не позволим, чтобы нам диктовали наш выбор. Если мы будем инвестировать, давайте решим это сделать. Давайте не будем делать этого в ответ на уроки, которые нам преподнесут из-за океана. Тогда, если мы хотим тратить больше, давайте сделаем это посредством операций, давайте сделаем это посредством настоящих военных операций и развертываний, а не будем снова покупать готовое то, что предлагают другие. Европейская оборона — это наша гарантия знания того, как действовать, если на карту поставлены наши интересы. Она укрепляет НАТО, и она нам нужна. И я говорю это здесь, потому что Франция верит в силу НАТО. Она основала его и внесла в него свой вклад, она преобразовала его в последние годы, потому что существует стратегическая культура Атлантического альянса, потому что это пространство естественного сотрудничества с Соединенными Штатами. , до тех пор, пока они остаются приверженными европейской безопасности, потому что Альянс может действовать в областях, которые имеют для нас решающее значение. Я имею в виду Арктику или Балтику, в том числе и в ее масштабах, с ее военной организацией и ее способностью предвидеть, готовиться и действовать. Но давайте будем трезвомыслящими и, опять же, не будем стесняться в выражениях. Быть критичным и требовательным союзником — не значит быть плохим союзником. Глубокие политические и стратегические изменения, происходящие в мире, могут вполне обоснованно вызывать обеспокоенность у наших европейских партнеров относительно Альянса. Наш американский союзник говорит, что мы должны тратить больше, он прав, и Франция взяла на себя свои обязательства. Насколько я помню, она не стала ждать, чтобы вновь вложить средства в свою защиту. Но эти усилия позволяют нам укрепить наш национальный суверенитет. Это укрепляет Европу и дает нам возможность выбирать приоритеты. Именно об этом усилии я говорю, о том, которое мы предпринимаем уже несколько лет и которое мы продолжим, это также усилие полностью суверенной власти, сознающей особую роль, которую это ей дает в защите наших страна. континент. В этом отношении Франция выделяет на оборону более 2% ВВП. Но достаточно ли этого для мира, который сходит с рельсов? Достаточно ли этого для достижения массовости, глубины, простоты и инноваций? При необходимости защищаться в серьезном столкновении. Достаточно ли этого, чтобы организоваться в европейском масштабе и иметь значительное количество боевых ресурсов? Что мы будем делать завтра в Европе, если наш американский союзник выведет свои военные корабли из Средиземного моря, если он переведет свои истребители из Атлантического океана в Тихий океан? Ко всем этим сценариям нам нужно подготовиться. Это все сценарии, к которым Мы готовимся. И я не упомянул еще много всего, что может произойти. Столкнувшись со всеми этими сценариями, все просто: ответ должен исходить от нас, французов и европейцев. Давайте же превратим эту потребность в автономии в возможность, в возможность европейского стратегического пробуждения. Последние несколько лет продемонстрировали тем, кто считал эти сценарии иллюзорными, политической фикцией, что они происходят быстрее, чем мы думаем, быстрее, чем они полагают. Для нашей безопасности, которая основана на таких качествах, как сила, ловкость, гибкость, которая требует способности объединяться, использовать преимущества взаимодействия, созданного с НАТО, иметь командные ресурсы, структуру, которая позволяет тем, кто хочет действовать в интересах безопасность нашего континента, от Соединенного Королевства до Молдовы, от Балкан до Норвегии, чтобы иметь возможность сделать это. Вот к чему мы должны быть готовы. Да, в рамках НАТО, чтобы иметь возможность подготовиться к наихудшим сценариям, к определенным сценариям, которые являются правдоподобными, и в конечном итоге стать рамочной страной, которая сможет объединить свои возможности, извлечь выгоду из взаимодействия, но которая будет наращивать свои доля автономии, которая привлечет к этому других европейцев и которая сможет обеспечить защиту своих границ или перед лицом невзгод, которые могут возникнуть. И здесь, опять же, наделенность властью дает нам уникальную роль. Так давайте же будем сильными, давайте сократим нашу зависимость от стратегических секторов, инвестируя в нашу промышленную базу, в наши рабочие места, в наши регионы, и давайте будем способны руководить, объединять и координировать другие страны. Поэтому мы можем действовать вместе с нашими европейскими союзниками и друзьями. Поэтому вместе с американцами мы будем сильны и едины в альянсе против угроз на континенте. Именно таким должно быть соответствие здравому смыслу. Чтобы стать самой эффективной армией в Европе, мы должны, помимо этого разъяснения по НАТО, согласиться на реальные стратегические изменения. На протяжении последних 7 лет мы были одержимы идеей постоянной адаптации наших средств к угрозам, корректировки нашего арсенала в соответствии с положением дел в мире и подготовки к войне завтрашнего дня и в будущем. Нет смысла сожалеть о прошлом, надо готовиться к будущему. В Африке мы внесли структурные изменения в наше присутствие, изменения, которые не умаляют тех жертв, которые вчера принесли ваши братья по оружию в Сахеле ради наших интересов, нашей безопасности и наших ценностей, когда мы вмешались по их просьбе в страны под угрозой. Но это необходимые изменения в переосмыслении наших партнерских отношений в динамичной Африке, молодежь которой несет в себе много надежд. Это подразумевает переосмысленное партнерство в сфере безопасности, которое в настоящее время развертывается, больше обучения в наших школах, больше учений и разового сотрудничества, сотрудничество в области наращивания потенциала, которое здесь также является реальной трансформацией нашего подхода к Африке, и я рассчитываю на вас. сопровождать его и оставлять меньший след. Нам нужно расширять наше присутствие, наше стратегическое партнерство, но по-другому. Искусственное расширение своего присутствия везде, где оно больше не нужно его хозяевам и бенефициарам, было бы плохой политикой. Я думаю, что это изменение вполне понятно нашим соотечественникам. Они легко понимают, что при реорганизации наших усилий ваше присутствие иногда более необходимо в театрах, как старых, так и новых, где на карту поставлено наше будущее: на территории нашей метрополии, на наших заморских территориях или в других географических точках. На Майотте, соседнем Африканском Роге, климатические, террористические и миграционные риски требуют новых ответных мер. И я знаю, как сильно FAZSOI также реагирует на это в Новой Каледонии, в Полинезии, на Реюньоне, по сути, на карту поставлено наше присутствие в Индо-Тихоокеанском регионе, на берегах которого противостоят друг другу великие державы. И мы были правы, сделав этот поворот в последние годы, и наши заморские территории находятся в центре этого поворота в Индо-Тихоокеанском регионе и дают нам стратегическую надежность, знак нашей последовательности в этом регионе и позволяют нам транслировать наше промышленное предложение. . В Гайане и на Антильских островах мы больше подвержены Мировым потрясениям, наркотрафику, климатическим катастрофам, миграциям, и результаты последних нескольких дней наших военно-морских сил и нашей жандармерии снова это продемонстрировали. Да, на наших заморских территориях мы должны больше защищать наших соотечественников и отстаивать возможности таких территорий. Это одна из основных осей текущего LPM. Линия нашей безопасности, очевидно, проходит и через наши границы в Европе, и через Украину. Я говорю это здесь без колебаний. Давайте гордиться усилиями, которые наша страна приложила ради Украины. Украина сегодня — страж Европы. Я знаю вашу преданность делу, ваши усилия и ваши действия, особенно на тренировках. И эта приверженность с вашей стороны имеет решающее значение. Как же мы были правы, организовав в феврале прошлого года этот европейский натиск, воссоздав стратегическую двусмысленность и вновь мобилизовав наших партнеров в столь рискованное время. Но это обязательство с вашей стороны требует самой полной откровенности. И я заявляю это со всей определенностью: не будем обманывать себя. Этот конфликт не закончится ни завтра, ни послезавтра, и этот конфликт не положит конец проблеме безопасности, которую Россия ставит перед европейцами в более широком смысле. И от Кавказа до наших друзей в Прибалтике этот риск сохранится. Сегодняшняя задача — дать Украине возможность выжить и вступить во все будущие переговоры с позиции силы. Завтра, когда прекратятся боевые действия, нашей задачей станет предоставление Украине гарантий против возобновления войны на ее территории и гарантий нашей собственной безопасности. В этом Европа должна сыграть свою полноценную роль, как это уже делают наши армии на восточном фланге в рамках Альянса. Европе придется сыграть свою полную роль, поскольку ее акции, ее гарантии безопасности и, помимо архитектуры безопасности, которую мы построим, там мы также будем защищать суверенитет и безопасность. И именно это позволяет нам сегодня сказать, что в Европе не может быть мира и безопасности без европейцев и без переговоров между европейцами. Да, линия фронта приблизилась. Вот почему мы должны в первую очередь пересмотреть свое присутствие в мире, в том числе в тех регионах, где таяние льдов создает новые геополитические ситуации. Кто бы мог подумать еще год назад, что Гренландия окажется в центре политических и стратегических дебатов? Вот как это есть. Вот почему нам следует вернуться к основам и принять изменения, несмотря на накопление угроз, эволюцию рисков и наших интересов. Мы должны это видеть и адаптироваться, чтобы быть последовательными. Итак, столкнувшись с этим ускорением мира, с вызовами, о которых я только что упомянул, находится ли наша оборона на максимальном уровне своих возможностей, готова ли она к риску мира, каков он есть, к опасностям времени, каковы они есть? Восток? Решать нам. Французы доверили мне ответственность за свою защиту. Вот почему я прошу предложить мне необходимые действия, чтобы наша оборона могла адаптироваться к этой новой обстановке. Поэтому я прошу SGDSN предложить мне к маю обновленную версию Национального стратегического обзора, в которой будут определены контуры нашей глобальной обороны и перевооружения, включая моральное перевооружение. В этом контексте я прошу министра вооруженных сил, в частности, мобилизовать внимание на размышления по вопросам обороны, ее развития и развития, а также влияния новых технологий, чтобы подкрепить эту работу по обновлению. На этой основе я смогу принять необходимые решения. Я жду от вас идей, энтузиазма и изобретательности. По сути, это форма смелости и мужества, исходящая от народа, эта сила, которая, когда она используется для защиты нации, делает наш народ великим народом. Наконец, подобные стратегические сдвиги происходят и здесь. Как вы знаете, наша оборона невозможна без реальной моральной силы и национальной сплоченности. Я рассказал об этом Бриенне почти два года назад. Наша моральная сила, да, это способность всей страны быть готовой, поддерживать наши армии на фронте реальными усилиями и единым мышлением. Этот цемент скрепляет нас и делает нас, французов, солдатами определенного идеала. Самая эффективная армия в Европе — это шанс для всей нации. И ваше место в центре нашей обороны делает вас катализатором единства в нашей стране. На протяжении 7 лет я вынашиваю идею создания нации вместе с нашей молодежью, чтобы привить ей дух сплоченности, стойкости перед лицом рисков и усвоения наших ценностей. Поэтому, столкнувшись с растущими опасностями, я считаю, что сегодня мы должны реалистично предложить нашей молодежи твердую приверженность. Мы видим это во времена великих катастроф, это огромная энергия, готовая отдать свое время, свои таланты. Мы также видим это из этой энергии, мы умеем делать так мало. Слишком часто мы рассеиваем этот гражданский дух. Для тех, кто жаждет идеала, у нас не всегда есть достаточно требовательный или структурированный ответ в виде приверженности. Сегодня мы довольствуемся переписью населения, Днем обороны и гражданства, и я знаю, что вы все понимаете, что этого слишком мало. Отсюда и амбиции СНУ. Мне удалось встретиться с первыми молодыми людьми, которые приняли участие во Всеобщем национальном служении, оценить их удовлетворение, их радость от встречи несколько месяцев спустя, чтобы продолжить общее обязательство служить нашей стране, услышать их теплые свидетельства, полные... надежда и уверенность. Для меня это источник уверенности в нашей молодежи. Сегодня мы должны проложить путь, на который надеются многие, дать возможность выбора в служении. Не восстанавливать обязательную национальную службу, а позволить молодым добровольцам учиться в вооруженных силах и укреплять свои ряды за счет востребованных талантов, а также жить в среде, где различия стираются, чтобы выполнить миссию, которая придает смысл, цель служения, взаимопомощи, уважения, создания нации. Дайте выбор служению. Для этого нам нужно будет лучше выявлять добровольцев, их навыки, их профессиональный прогресс, обучать их и иметь возможность мобилизовать их, когда придет время, чтобы использовать их в качестве подкрепления для вооруженных сил, на материковой части Франции или в других местах, или потенциально другие министерства, которые можно было бы назвать. После армии профессионалов нам теперь необходимо мобилизовать резерв профессионалов в качестве поддержки, в качестве дополнения. Закон о военном программировании предусматривает к 2035 году достижение одного резервиста на каждых двух действующих военнослужащих, или 100 000 человек. Чтобы создать этот резерв, День обороны и гражданства будет обновлен и завтра станет моментом воссоединения с армиями. Это составляет 800 000 молодых людей каждый год. Среди них некоторые выделятся и скажут, что откликнутся, если их призовет страна. Дайте выбор служению. Пусть каждый из нас в юности спросит себя, как быть полезным нации, и нация сумеет доверить нам миссию, соответствующую нашим талантам, нашим знаниям, нашему состоянию здоровья. Каждый может стать добровольцем и быть готовым служить в случае возникновения кризиса в составе подразделений, в которых он служит в качестве резервиста. Пусть же мы все вновь обретем дух братства и действия, который вдохновляет вас каждый день и которому мы должны следовать как примеру. Вот почему я надеюсь, что до мая мне будут сделаны предложения, чтобы достичь этого нового импульса, чтобы наша молодежь, в свою очередь, стала хранительницей благородства мира, чтобы она была этой силой. Господин министр, мой генерал, я рассчитываю на то, что вы осуществите этот важный шаг во благо страны и сделаете мне предложения к маю следующего года. Дамы и господа, в это время возрастающих опасностей мы должны быть там. Давайте не будем поддаваться утешительной уверенности, как и не будем поддаваться обескураживающему фатализму. Давайте приготовимся. Чтобы сохранить самое главное, наши интересы и наши ценности, давайте всегда будем готовы подвергать сомнению все: наши методы, наши системы, наше присутствие в мире. Самое главное, что делает нас и дает нам основу, — это вы. Ваша преданность, ваша жертва, жертвы ваших братьев — убитых, раненых, искалеченных. Главное — это вечный французский язык, сотканный из памяти и надежды. Это лица, которые я вижу, из всех слоев общества, из всех регионов, со всех уголков Франции. Да, Франция действительно является страной, будущее которой находится в руках многих людей. Таким образом, мы сыграем свою роль на передовой. Мы защитим французов и интересы нации. Поэтому в этом январе я выражаю вам свои пожелания признания вашей преданности делу, усилий, требуемых от вас и ваших близких, а также признания жертв убитых, раненых и инвалидов. Выражаю Вам пожелание доверия. У нас есть совершенство, талант, решимость и сила духа. Я формирую желания надежды. Мы оправдаем нашу историю, оказавшись на передовой борьбы с угрозами. Да здравствует Республика, да здравствует Франция! |
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